René Collin: "Il n'y a aucun risque à consommer de la viande de porc"
- Publié le 20-09-2018 à 21h16
- Mis à jour le 21-09-2018 à 20h12

Le ministre wallon de l'Agriculture se veut rassurant face aux craintes des consommateurs et des producteurs de viande porcine. "On ne laissera aucun éleveur seul face aux conséquences de la peste porcine africaine", a assuré le ministre wallon de l'Agriculture, René Collin (CDH), aux représentants du secteur porcin wallon qu'il a rencontrés jeudi à Namur. "Nous examinons le soutien économique que nous pouvons apporter non seulement par rapport au préjudice subi mais aussi par rapport aux investissements qui pourraient être nécessaires."
Face à un secteur inquiet, le ministre a refait le point sur la situation et a rappelé les mesures déjà prises. Il a en outre annoncé la mise en service d'un numéro vert pour les éleveurs.
Selon les chiffres officiels, la zone de sécurité de 63.000 hectares définie après la découverte de plusieurs cas de peste porcine dans le sud de la province de Luxembourg, compte 58 exploitations porcines, dont 7 de plus de 50 porcs. Parmi ces dernières, 6 sont en circuits fermés et pour 4 d'entre elles, l'élevage de porc constitue l'activité principale. Ces exploitations continueront à avoir des contacts personnalisés avec l'agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Le collège des producteurs, une interface entre les autorités et les 12.000 éleveurs qu'elle représente, analysera la situation de chacune d'entre elles avant d'en faire rapport au ministre.
"À l'heure actuelle, la filière porcine belge est saine, les cas confirmés ne concernant que la faune sauvage, et il n'y a aucun risque à consommer de la viande de porc", a affirmé M. Collin, admettant néanmoins que "certains éleveurs devront adapter leur production à la réalité actuelle". Quant à un abattage éventuel, "on n'en est pas là", a répété le ministre. Si ce scénario devenait réalité, le fonds sanitaire interviendrait.
Plus tôt dans la journée, la Fédération wallonne de l'agriculture (FWA), inquiète de la durée du confinement imposé aux exploitations porcines, avait demandé aux autorités de pouvoir euthanasier les bêtes qui étaient censées aller à l'abattoir. "Les exploitations qui se trouvent dans la zone sensible voient leurs possibilités de travailler se réduire car plus personne ne veut de leurs bêtes, avait pointé Yvan Hayez, secrétaire général de la FWA. La logique économique voudrait que les porcs qui devaient être transférés dans les abattoirs soient euthanasiés" car les éleveurs continuent de nourrir ces animaux à perte.
"Nous sommes satisfaits de l'engagement politique qui a été pris sur des mesures de soutien au secteur", a réagi Emmanuel Grosjean, coordinateur du collège des producteurs, au terme de la rencontre avec le ministre. "Cette réunion va nous permettre de donner des informations claires aux producteurs et aux éleveurs qui sont inquiets et qui se posent la question de la commercialisation de leurs porcs."
13 pays stoppent l'importation de porc belge
Treize pays ont notifié officiellement des restrictions sur l'importation de porc belge après la découverte de 10 cadavres de sangliers infectés par la peste porcine africaine en Wallonie, a indiqué l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Ces restrictions s'opèrent à divers degrés, a précisé l'Afsca. Certains embargos ne portent pas sur la viande mais sur les produits issus du porc, comme la gélatine, tandis que d'autres visent l'exportation des animaux vivants. La liste des pays qui ont suspendu leurs importations porcines s'allonge donc et reprend désormais la Corée du Sud, la Chine, Taïwan, la Biélorussie, le Mexique, les Philippines, le Japon, l'Afrique du Sud, la Serbie, Singapour, l'Uruguay, l'Australie et la Malaisie. Aucun cas de la maladie n'a encore été détecté parmi les porcs d'élevage. La peste porcine, qui ne se transmet pas à l'être humain, affecte les sangliers, les cochons et les phacochères. Les échantillons d'ADN prélevés sur les sangliers contaminés sont toujours en cours d'analyse. Après les cinq cas découverts dans le sud de la province de Luxembourg, cinq nouveaux cadavres ont été retrouvés mardi dans la zone de sécurité.
