Du réseau du diable vers la terre promise: quels politiques restent sur X et qui va sur Bluesky ?
De nombreux utilisateurs du réseau d'Elon Musk ont entamé leur exode vers le "ciel bleu" ces derniers jours. Dans la sphère politique belge, ce sont principalement des écologistes et des socialistes qui ont fait le déplacement. En tout petit nombre.
- Publié le 20-11-2024 à 06h20

C'est l'exode du moment. Depuis que Donald Trump a été élu 47ème président des États-Unis notamment avec le soutien d'Elon Musk, de nombreux utilisateurs ont décidé de quitter X, le réseau dont Musk est propriétaire, pour rejoindre Bluesky. Le fait que le sulfureux patron de Tesla et de Space X a été nommé au sein du gouvernement de Trump a été la goutte de trop, mais de nombreuses autres raisons ont motivé les utilisateurs à opérer ce déplacement.
L'application "ciel bleu", identifiable par son logo en papillon, offre un environnement, à ce stade, plus calme que l'ancien Twitter. Avec actuellement un peu plus de 20 millions d'utilisateurs mondiaux, on est encore loin des 335 millions d'utilisateurs actifs (selon Statista, 547 millions selon Musk) de X. Sur Bluesky, il n'y a – pour l'heure – pas de publicités ni de formules de compte certifié. Le réseau se présente comme open source et décentralisé, sans algorithme central. Cet environnement est perçu comme plus reposant, moins agressif voire plus ennuyeux que son concurrent.
Safe-space
Pour beaucoup d'exilés de X, le choix s'est opéré pour des questions de sécurité. Sur Bluesky, il est encore possible de bloquer une personne avec laquelle l'utilisateur ne souhaite pas interagir pour diverses raisons (harcèlement, agressivité, insulte…). L'app au papillon présente encore certains aspects d'un safe-space avec des paramètres "anti-toxicité". Sur X, c'est tout le contraire depuis qu'Elon Musk a décidé de retirer la fonctionnalité de blocage et une grosse partie de la modération.
Dans le monde politique belge, certains savent s'accommoder des conditions offertes par X. D'autres ont rapidement voulu le fuir. Surtout à gauche. L'année passée, plusieurs élus d'Ecolo et de Groen ont ouvert un compte sur Bluesky. À L'automne 2023, on a ainsi vu arriver les ministres Zakia Khattabi, Alain Maron et Barbara Trachte ainsi que la députée Rajae Maouane et l'actuelle coprésidente Marie Lecocq. Sur une année, ils n'ont toutefois pas été très actifs. La vice Première ministre Petra De Sutter y a fait son entrée mardi.
X-odus
Le grand "X-odus" a démarré après les élections américaines. Après avoir observé l'impact qu'a eu Elon Musk dans la victoire de Trump, plusieurs grands médias internationaux (The Guardian, La Vanguardia) ont annoncé qu'ils quittaient les lieux. Plusieurs personnalités et grosses marques ont fait de même : Stephen King, Elton John, Neil Young, IBM, Comcast, Paramount Global, Apple, Disney, Warner Bros. Discovery, Sony Pictures Entertainment, Ubisoft…
Dans la foulée, de nombreux journalistes belges ont rejoint Bluesky. Les politiciens se font plus rares. Outre les écologistes déjà cités, on observe la présence de Vooruit et du PS. Les deux comptes ont chacun moins de 100 followers et n'ont rien posté. Le président du PS, Paul Magnette, et la cheffe de groupe PS, Christie Morreale au parlement wallon sont aussi présents, mais également muets.
La droite belge est quasi absente, à l'exception d'Egbert Lachaert, ancien président de l'Open VLD, de Vincent Van Peteghem (CD&V), ministre des Finances, de deux comptes parodiques de Bart De Wever, président de la N-VA, et d'un faux compte du Vlaams Belang. Notons également la présence du député bruxellois Geoffrey Coomans de Brachène (MR). Le secrétaire d'État en charge de la Digitalisation, Mathieu Michel (MR), est, par contre, absent du réseau.
De manière globale, on observe que peu de politiques belges utilisent vraiment Bluesky car la plateforme ne leur offre pas encore la même vitrine que X. Cependant, étant donné qu'approximativement 8 nouveaux utilisateurs s'inscrivent chaque seconde sur le réseau, peut-être viendront-ils plus activement dans quelques semaines.
