Les refuges pour animaux sont saturés en Belgique: "On va se retrouver avec des rues envahies de chiens errants comme au Maghreb"
Les vacances approchent, une période redoutée par les refuges qui n'ont plus de place pour accepter les animaux que les maîtres veulent abandonner.

- Publié le 28-06-2025 à 11h50
- Mis à jour le 28-06-2025 à 11h51

Poilus et mignons, les chiens et les chats sont encore bien trop souvent appréciés jusqu'à ce que les maîtres se rendent compte que ces animaux demandent de l'attention. Malgré les nombreux articles et les reportages, les refuges font face à des abandons à tel point qu'ils sont à saturation quasiment constamment.
"On ne parle même plus de crise des abandons mais d'explosion des appels. On a 40 demandes par jour de personnes qui veulent abandonner leur animal. Elles appellent des quatre coins de la Belgique !", souligne Gaëtan Sgualdino, président de la SPA La Louvière. "Les zones de polices font le tour des refuges pour trouver une place aussi."
Le refuge Opale à Lessines fait le même constat. "Chez beaucoup de personnes l'abandon est assumé de manière déplaisante : 'Je voudrais me débarrasser de mon chien ou de mon chat'. D'autres veulent se séparer de l'animal en niant que c'est un abandon. Et il y en a qui n'assume rien et l'abandonne dans la rue ou les bois."
Près de 30 000 animaux sont accueillis en refuge par an et des milliers sont saisis. 10 à 20 % des animaux en refuges sont issus de saisie pour maltraitance. 40 % sont abandonnés par le maître et 40 % sont des animaux errant trouvé sur la voie publique. Les malinois et les amstaffs sont les races les plus représentées et les moins faciles à faire adopter. Les refuges réclament un moratoire sur ces toutous aux besoins très spécifiques. "Il faudrait une formation pour adopter ces chiens-là", avance Gaëtan Sgualdino qui dénonce la prolifération d'élevages illégaux.
Menace de grève le 15 juillet
Pour un animal adopté en refuge, cinq autres sont achetés en animalerie, sur les réseaux sociaux ou dans un élevage. 80 associations du bien-être animal et refuges se rassembleront à Namur le 9 juillet pour dénoncer l'inaction du politique. Si le gouvernement ne dépasse pas les déclarations pleines de bonnes intentions, ils cesseront leurs conventions avec les communes. "Le gouvernement ne prend pas la mesure de la situation, c'est décevant. Le préavis risque bien d'entrer en vigueur le 15 juillet. C'est la première fois qu'il y a une telle union depuis 10 ans parce qu'il y a urgence. Les refuges en ont marre de jouer les fourrières et ont l'impression qu'on s'assied sur leurs utilités", insiste Gaëtan Sgualdino qui est aussi président de l'UWPA (Union wallonne pour la protection animale). "Si rien ne change, on va se retrouver dans une situation similaire au Maghreb où avec des animaux errants sur la place publique à cause du laxisme des autorités."
Florence Brackx craint des euthanasies de convenance sans dégorgement des refuges rapidement car "l'État ne laissera jamais errer des chiens et des chats". "Sur les réseaux sociaux, les animaux sont beaucoup trop glamourisés et encouragent l'achat impulsif. Il faut un contrôle strict sur cette exposition", pointe la directrice de l'ASBL Sans collier.
Tous encouragent l'adoption en refuge plutôt que l'achat. "C'est un geste citoyen et d'utilité publique car ça libère de la place et de la capacité de prise en charge."