Une charte stricte et un comité d'éthique au Royal Arquet Namur F.C. : "On a déjà viré des parents du club"
La ministre Jacqueline Galant est très intéressée par la politique en place au club de foot.

- Publié le 02-05-2026 à 07h01
- Mis à jour le 02-05-2026 à 07h02

Les grands gestes envers son enfant sur le terrain, les conseils hurlés, le poing rageur et les insultes voire les coups envers l'arbitre… Des parents qui s'emportent en voyant leur enfant jouer au foot sont un véritable poison. "Il y a des enfants qui ont le pied assez léger parce que les parents sont là. Il faudrait contenir certains parents dans des boxes pendant les matchs voire les interdire d'y assister", estime Christian Sizaire, président du bureau provincial Luxembourg.
Vincent Maillien, co-président du Royal Arquet Namur F.C. connaît bien la problématique. Il y a six ans, son club a décidé de prendre les choses à bras le que les entraînements de foot se feraient sans la présence des parents. "Ça a été un peu difficile à faire accepter mais ça a fait du bien. Même les enfants sont contents car ils sont gênés par l'attitude de leurs parents", indique le co-président.
Le club a voulu faire remettre le fair-play, le respect et la bienveillance au centre à travers un comité d'éthique. "On a adapté la charte de hockey qu'on fait signer à tout le monde. Dès que quelqu'un ne respecte pas les règles de base et les valeurs du foot, la personne passe en comité d'éthique pour s'expliquer", présente Vincent Maillien.
Un entraîneur, une personne du comité et Vincent Maillien constituent le comité d'éthique. "L'idée est de faire changer les mentalités et ça fonctionne. On a dû faire aussi un travail en interne", poursuit le co-président. "On a reçu plus de parents que de joueurs. On a déjà dû suspendre des parents et les virer du club. Quand on fait quelque chose, on le fait à fond sinon ça ne sert à rien." Les résultats positifs intéressent beaucoup la ministre des Sports Jacqueline Galant.
"Il ne fera jamais carrière"
Pour le co-président du club, c'est un problème de société plus global : "Les gens ont pris l'habitude de tout dire n'importe comment. Les réseaux sociaux permettent tellement de s'exprimer sans filtre."
Et puis il reste toujours le projet "Mbappé" qui dévoie. "Les gens voient leur fils ou leur fille déjà devenir une superstar. Mais si le jeune est toujours chez nous à 13, 14, 15 ans, il ne fera pas carrière", analyse Vincent Maillien.
Certains entraîneurs participent aussi à la violence insidieusement en mettant beaucoup d'espoir dans leurs joueurs. "Alors que les enfants viennent pour s'amuser, certains parents voient en eux des futurs Maradona ou des futurs Messi", renchérit Fabian Saussez, président du bureau provincial Hainaut. "Mais beaucoup de coachs ont la 'championnite' ce qui n'aide pas."
Impact négatif sur les arbitres
Le comportement agressif des parents a des retombées négatives sur l'enfant bien souvent, sur l'image du club mais aussi sur la tenue des matchs. "On a de très bons chiffres dans le recrutement mais le plus grand défi, c'est la rétention. La violence des parents a des conséquences sur les jeunes arbitres. Ça impacte aussi sur les arbitres plus expérimentés qui se demandent si ça vaut la peine de se faire insulter, agresser pour un tel salaire", rappelle la FFA (Football Francophone Amateur) qui essaye d'accompagner davantage les arbitres. Le nombre d'observateurs a doublé voir tripler.
Les agressions sont telles que l'arbitrage effraye. "Je ne voudrais jamais faire ce travail. C'est très compliqué. Ils se font engueuler tout le temps parce que les parents ne sont pas d'accord avec l'arbitrage", avoue Vincent Maillien. "Les parents ne peuvent pas s'imaginer que leur enfant est en tord ni accepter que l'arbitre peut s'être trompé", ajoute Fabian Saussez.