"On craint un tourisme de catastrophe": une quinzaine de PV's pour des intrusions sur le site sinistré des Fagnes le weekend dernier
Le foyer, toujours actif en son centre, continue de faire l'objet d'une surveillance et de travaux de sécurisation.

- Publié le 08-09-2026 à 10h55
- Mis à jour le 08-09-2026 à 11h03

Des équipes mixtes police/DNF (Département de la Nature et des Forêts) ont patrouillé sur le site sinistré des Fagnes durant le week-end. Au total, une quinzaine de PV ont été dressés. "Les contrevenants ont tous écopé d'une perception immédiate de 150 euros. Le parquet va les poursuivre systématiquement", indique Tony Hosmans, responsable de la communication de crise du gouverneur de la province de Liège.
Avant le week-end, les autorités avaient annoncé qu'une tolérance zéro serait appliquée aux personnes en infraction. Une signalisation spécifique a été mise en place, avec des bannières posées sur des barrières Nadar bien visibles aux différentes entrées du site. "Tout a été mis en place pour ne pas laisser de place au doute mais il est évident que certaines personnes font preuve de mauvaise foi. En même temps, le site est grand et on peut y pénétrer sans se rendre compte que c'est interdit", tempère-t-il.
"Les personnes en infraction jouent la carte de l'ignorance"
"Les PV ont été principalement infligés à des cyclistes étrangers, qui disent ne pas être au courant de l'incendie. Pendant l'épisode le plus critique, les médias internationaux étaient présents, mais comme la situation est moins spectaculaire aujourd'hui, il est possible que des visiteurs étrangers ignorent ce qui s'est passé", poursuit Tony Hosmans.
Les patrouilles se poursuivront dans les prochaines semaines. "On craint un tourisme de catastrophe, mais on ne peut pas l'objectiver formellement. Les personnes prises en infraction jouent surtout la carte de l'ignorance", ajoute-t-il.
Un habitant verbalisé pour des feux de broussailles
Une autre verbalisation a eu lieu dans le village d'Ovifat, où un habitant a allumé un feu de broussailles alors que c'est strictement interdit. Il a lui aussi écopé d'une perception immédiate de 150 euros.
Sur le foyer encore actif, où une centaine d'intervenants sont toujours mobilisés, l'objectif reste double : rester vigilant face aux reprises de feu et poursuivre les travaux de sécurisation, à commencer par l'étrépage. "Cela consiste à enlever les couches du sol sur plusieurs mètres de large, de quatre à huit mètres selon les endroits, pour éviter toute propagation du feu en sous-sol, dans la tourbe", précise Tony Hosmans.
"Une zone au centre du site reste toutefois difficilement accessible et ne peut être éteinte. Il faudrait des millions de litres d'eau pour y arriver, et encore. Cela finira par s'éteindre de lui-même avec le temps, mais il ne faut surtout pas que le feu sorte du périmètre et gagne les zones extérieures des Fagnes et des forêts avoisinantes", conclut-il.