Les commerçants se barricadent en vue de la journée de samedi : "La légitime défense ne vaut que pour protéger les personnes, pas les marchandises"
Le nouveau Code pénal donne un cadre clair de ce qu'implique une légitime défense lorsqu'un commerçant se retrouve face à des pilleurs.

- Publié le 23-10-2026 à 17h57
Vitrines brisées, articles dérobés, commerces saccagés. Les récentes émeutes à Liège et à Bruxelles ont laissé les commerçants face à leurs dégâts et leur désarroi mais aussi à face à leurs interrogations. Peut-on s'opposer physiquement à un pillage ? Jusqu'où peut aller la légitime défense ?
"La légitime défense ne vaut que pour protéger les personnes, pas les marchandises", rappelle l'Union des Classes moyennes (UCM) en se basant sur le nouveau Code pénal.
"Concrètement, un commerçant peut se défendre ou intervenir pour protéger un collaborateur ou un client confronté à une agression. Encore faut-il que sa réaction soit nécessaire, proportionnée à la menace et exclusivement destinée à repousser celle-ci. Un individu qui menace physiquement le gérant d'un magasin ne se trouve donc pas dans la même situation qu'un pillard qui emporte des marchandises sans s'en prendre aux personnes."
Dans ce second cas, le vol ne justifie pas, à lui seul, une riposte violente. Tout au plus le commerçant peut-il défendre ses marchandises avec son corps, dans la mesure du possible, mais sans violence. Poursuivre et frapper un voleur en fuite peut d'ailleurs l'exposer à des poursuites pénales.
Lorsque les violences ont cessé, une autre bataille commence pour les commerçants touchés : faire constater les dégâts, obtenir réparation et, si possible, reprendre rapidement leur activité. La première étape consiste à documenter précisément les dommages : photographies des vitrines et installations dégradées, inventaire des marchandises dérobées, factures, témoignages et éventuelles images de vidéosurveillance.
"Pour cela, il est important de recenser tous les documents liés à votre commerce et de prendre, par exemple, plusieurs photos avant d'éventuelles violences pour pouvoir démontrer un "avant/après". Un dépôt de plainte auprès de la police permet également de faire acter les faits. UCM et Feprabel insistent sur l'importance de déclarer le sinistre à son assureur, en conservant les justificatifs des pertes subies et des dépenses engagées", conclut l'UCM.