Le coup de gueule de Boris Dilliès, bourgmestre d'Uccle, sur les trottinettes partagées: "On est en train de créer une génération d'obèses"
Le bourgmestre d'Uccle applaudit la décision parisienne. Et invite le gouvernement bruxellois à embrayer.

- Publié le 03-04-2023 à 18h20
- Mis à jour le 03-04-2023 à 22h08

Au lendemain de la victoire écrasante du "Non" parisien aux trottinettes électriques partagées, le bourgmestre d'Uccle Boris Dilliès applaudit des deux mains la décision des habitants de la Ville Lumière. Et surtout celle de sa maire socialiste Anne Hidalgo (PS) de respecter le choix de ses citoyens, même s'ils ne sont que 7,49 % à avoir voté.
Le bourgmestre Ucclois mène une chasse intensive, depuis plusieurs mois, envers les trottinettes mal stationnées. Ce qui revient, en résumé, à chasser toutes les trottinettes. "Je n'ai pas inventé le fil à couper le beurre, indique-t-il. Je n'ai fait que faire respecter le règlement général de police qui indique qu'on ne peut pas obstruer le libre passage des piétons sur les trottoirs. J'ai donc donné l'ordre de faire enlever toutes les trottinettes mal stationnées pour les emmener au dépôt communal. Avec à la clef des sanctions administratives à charge des opérateurs."
Avec des conséquences rapides : "Las de devoir payer pour les incivilités de leurs usagers, la plupart des opérateurs ont désactivé la zone d'Uccle. Leurs usagers peuvent toujours y circuler, mais plus les stationner. Désormais, les piétons ne sont plus obligés d'enjamber les trottinettes mal garées. À plusieurs reprises, j'avais pourtant rencontré les différents opérateurs pour tenter de trouver des solutions. Mais force est de constater qu'ils s'en fichent complètement."
Selon Boris Dilliès, la future interdiction des trottinettes électriques partagées à Paris "va dans l'ordre des choses. Des villes ô combien innovantes en matière de mobilité comme Amsterdam et Copenhague ont depuis très longtemps banni ces trottinettes partagées."
Le bourgmestre ucclois implore le gouvernement bruxellois d'agir. "Il se touche la nouille depuis des mois pour savoir quoi faire, tonne-t-il. On a même engagé un bureau d'études cher et coûteux pour que, deux ans plus tard, il n'y ait toujours aucune décision prise (NDLR : une ordonnance a été votée et ses arrêtés d'exécution devraient tomber prochainement). Je ne vois pas ce qu'on attend : la très grande majorité des usagers de trottinettes électriques se foutent complètement des piétons. Ce sont des jeunes pour la plupart, très mobiles, qui ne pensent pas aux personnes âgées, avec poussettes, en chaises roulantes ou handicapées. Ils jettent leur trottinette n'importe où. Et, sur le plan environnemental, c'est une hérésie. Ça arrive de Chine par milliers par bateau, c'est plein de composants chimiques, leur durée de vie est d'un an… Quel désastre écologique. On peut parfaitement vivre sans ce modèle ultrapolluant."
Et le bourgmestre de rappeler que rares sont les automobilistes qui ont troqué leur voiture pour une trottinette. "L'usager premier de la trottinette, c'est le jeune qui plutôt que de marcher 300 mètres va prendre une trottinette partagée. On est en train de créer une génération d'obèses avec ces trottinettes. La Région m'a dit que pour régler le problème d'incivilités à Uccle, il faudrait créer 300 drop zones, à charge de la commune sauf si nous supprimions des places de parking. C'est une ineptie."
Au final, seules les trottinettes privées, non partagées, restent les bienvenues à Uccle. "Vous ne verrez jamais une trottinette privée mal stationnée. Leurs propriétaires les bichonnent. Mais les usagers des trottinettes partagées s'en fichent royalement."