Balayer la peur et non les débris
Un édito de Nawal Bensalem.

- Publié le 23-10-2026 à 06h43
Manifester doit rester un droit que personne ne doit contester mais il ne doit jamais induire le permis de tout saccager. Manifestants et casseurs sont différents. C'est ce qu'on entend depuis des jours et il n'est pas question ici de mettre tout le monde dans le même panier.
Mais en attendant, personne ne peut nier que la peur s'est installé. Et nul ne devrait rester indifférent à l'initiative de nos commerçants cette semaine. Des barricades rue Neuve, artère commerciale la plus célèbre du pays. Des planches de bois à la place des mannequins, des citrouilles et autres décorations d'automne censées attirer du monde ce samedi.
Nos boutiques prennent des allures de forteresses alors qu'elles devraient se préparer à acceuillir des clients ce week-end. Le choc parisien a laissé des traces. Les appels à la manifestation samedi prochain dans nos villes circulent depuis plusieurs jours.
Les appels à la violence aussi. Et nos politiques ne pourront pas faire les surpris si la situation venait, hélas, à dégénérer. Il en va de leurs responsabilités de préparer le dispositif adéquat face à ce risque. Derrière chaque vitrine, il y a des emplois.
Des hommes et des femmes qui ont anticipé en protégeant ces commerces. Des hommes et des femmes qui en espèrent autant du gouvernement. Des hommes et des femmes qui veulent balayer leur peur et non des débris.