Le lourd passif d'Issam T., l'assaillant aux deux couteaux de cuisine qui entend des voix

L'auteur des coups de couteau contre un policier avait déjà attaqué un agent de la prison de Nivelles avec une paire de ciseaux.

Th. R, N.Ben, R.D.W., B.D.
Le lourd passif d’Issam T., l’assaillant aux deux couteaux de cuisine qui entend des voix
©D.R.

L'auteur des coups de couteau contre un policier avait déjà attaqué un agent de la prison de Nivelles avec une paire de ciseaux.

Un policier qui sortait du commissariat de la rue du Marché au Charbon, à deux pas de la Grand-Place de Bruxelles, a été poignardé, mardi vers 5 h 30. L'assaillant l'a attaqué par-derrière et a visé le cou. Les deux coups de lame, selon nos informations, sont passés à quelques centimètres seulement la carotide. Un coup de chance !

Mais le policier, hospitalisé et hors de danger, doit aussi la vie à ses deux collègues de faction devant le commissariat : ils ont ouvert le feu à trois reprises sur l'agresseur, atteint de deux balles au niveau du thorax. Neutralisé et menotté, au sol, l'auteur s'est mis à prier, ont rapporté des sources proches du dossier.

Muni de deux couteaux de cuisine qu'il tenait dans les mains, il aurait crié à plusieurs reprises "Allahu akbar" au moment de se jeter sur le policier, ont rapporté plusieurs témoins. Le parquet de Bruxelles ajoute que l'enquête devra déterminer s'il s'agit d'un acte terroriste. Dans l'attente, un juge a été saisi pour des faits de "tentative d'assassinat dans un contexte terroriste". Transporté à l'hôpital, l'assaillant se trouvait toujours dans un état critique, mardi soir.

Il s'agit d'Issam T., un Bruxellois âgé de 34 ans, connu de la justice. Il avait été condamné à 8 ans de prison, en 2011, pour son implication dans plusieurs braquages commis dans le Brabant wallon, à Lasne et Rixensart notamment. Incarcéré, il avait ensuite été interné après avoir commis une tentative de meurtre en prison. C'était le 31 août 2013. À l'aide d'une paire de ciseaux, il s'en était pris à un agent de la prison de Nivelles.

Il déclarait alors que des "voix" l'avaient poussé à agir ainsi. La démence a été retenue et Issam T. s'est vu transféré en annexe psychiatrique. Depuis 2016 déjà, il bénéficiait de quelques jours de sortie pour préparer sa libération conditionnelle, prononcée par la commission de Défense sociale le 25 septembre dernier, comme nous le confirme son avocate (lire ci-contre). Libéré à l'essai, malgré l'avis négatif du parquet, Issam T. a donc de nouveau dérapé, mardi, en s'en prenant sauvagement à un policier bruxellois. Pour quel motif exactement ? Il faudra du temps pour le déterminer avec précision.

Dans la foulée de l'attaque, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) a indiqué que l'auteur n'était connu "ni par l'Ocam, ni par la police" pour des faits de terrorisme, laissant penser que la piste d'un acte à caractère terroriste était écartée. L'enquête confiée à la DR3, la section antiterrorisme de la police fédérale, et l'instruction ouverte pour "tentative d'assassinat dans un contexte terroriste" indiquent le contraire. "La police est une nouvelle fois victime d'une attaque lâche", a commenté Jan Jambon.

Déjà élevée depuis plusieurs semaines, la tension au sein de la police ne fait qu'augmenter avec ce nouvel événement. Il s'ajoute aux nombreuses attaques perpétrées ces dernières années à l'encontre de cette profession, qui n'a de cesse de dénoncer un manque de mesures de sécurité.

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