"Permis de tuer entre dealers" : six suspects évitent la cour d'assises suite au décès d'Amine E.A., tabassé à l'arrière d'un café à Saint-Gilles
En juillet 2023, Amine E.A. succombait à l'hôpital des suites de ses blessures, notamment des morsures de chiens. L'enquête a permis d'identifier six suspects de son passage à tabac qui aurait eu lieu à l'arrière d'un café à Saint-Gilles. Pour autant, ils sont libres et on ne requiert pas leur renvoi devant une cour d'assises.

- Publié le 17-01-2025 à 11h31
- Mis à jour le 17-01-2025 à 16h33

De sources croisées, la Dernière Heure apprend que six suspects d'un meurtre commis en juillet 2023 en région bruxelloise pourraient éviter la cour d'assises suite à des réquisitions requalifiant les faits en coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner plutôt qu'homicide.
En l'espèce, le jeune Amine E.A. a été découvert ensanglanté, notamment par des morsures de chien, près de la place Bara à Anderlecht avant de succomber à ses blessures à l'hôpital. Selon nos informations, la cause du décès serait dû à un violent coup sur le crâne, d'après le rapport du médecin légiste. Le jeune homme aurait été embarqué avec un ami, répondant aux initiales I.Y., à l'arrière d'un café situé sur l'avenue Fonsny à Saint-Gilles, un axe jouxtant la gare du Midi.
D'après nos sources, il s'agirait d'un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants. Amine E.A. y aurait été rousté par les suspects, qu'on dénombre à six depuis la clôture de l'enquête. L'avocat de l'un d'eux, Me Olivier Martins, a demandé l'exécution de devoirs complémentaires devant la chambre du conseil, le 13 décembre dernier, nous revient-il.
Contactés, d'autres avocats de la défense, notamment Me Xavier Carrette et Me Ofelia Avagian, n'ont pas souhaité répondre à nos questions. Me Abdelhadi Amrani, conseil de la famille d'Amine E.A., va contester les réquisitions de renvoi en correctionnelle, nous indique-t-il.
La décision d'un renvoi en correctionnelle ou devant un jury populaire reviendra in fine aux juges de la chambre des mises en accusation, qui ne sont pas tenus aux réquisitions du ministère public. Néanmoins celles-ci interpellent. "C'est dire autrement que tant que ça reste entre vous, c'est bon. Il est permis de tuer entre dealers", s'énerve une source proche du dossier.
Commanditaire mais aussi victime
La DH apprend également que la seconde victime du présent dossier, I.Y, serait le présumé commanditaire de la fusillade survenue dans la nuit du 12 au 13 mars 2024 sur le parvis Saint-Antoine à Forest. Trois personnes y ont été blessées par des tirs de pistolet-mitrailleur.
La section grand-banditisme de la police fédérale (PJF) a procédé à plusieurs perquisitions et arrestations dans cette affaire en novembre dernier. Quatre suspects ont pu être interpellés, dont un mineur qui n'est autre que le petit frère d'I.Y., le présumé commanditaire. Le suspect mineur a été placé en Institution Publique de Protection de la Jeunesse (IPPJ), deux autres sous mandat d'arrêt et le dernier a obtenu un bracelet électronique.
La PJF indiquait dans un communiqué que les tirs du parvis Saint-Antoine étaient des représailles à un autre règlement de comptes dans le milieu des stupéfiants, sans plus de précision. Selon nos sources, la PJF fait référence à la mort d'Amine E.A. suite à son passage à tabac à l'arrière du café de l'avenue Fonsny.

Mohamed-Amine Dardour était en cavale après avoir assassiné Soufiane Benali à Forest, dans la rue Alfred Orban à Forest, également un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants. Pour cela, Mohamed-Amide Dardour a écopé la prison à perpétuité.