Il vient régler ses dettes à Uccle et se fait pointer six fois avec un tournevis par un ex-ouvrier : "comme si la victime s'était empalée elle-même…"
Le 25 juillet 2023, le trottoir de la rue des Carmélites à Uccle est recouvert du sang de R.L.L., un entrepreneur dans le bâtiment venu régler de bonne foi ses dettes à André R.F., un ancien employé. Celui-ci l'a poignardé à six reprises avec son tournevis.

- Publié le 01-02-2025 à 09h15

Ce jeudi, André R.F., un ouvrier du bâtiment d'origine brésilienne a comparu devant la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles pour répondre d'une tentative de meurtre à l'encontre d'un ancien employeur qui lui devait de l'argent. La victime s'était rendue à son domicile rue des Carmélites à Uccle, le 25 juillet 2023 pour lui remettre sa moto et 500 euros, l'ensemble devant éponger ses dettes.
À l'audience, le prévenu a assuré s'être défendu contre les attaques de son ancien employeur, R.L.L., qui reçut six coups de tournevis à l'issue de la transaction. L'homme a survécu et a écopé de deux mois d'incapacité de travail en plus du traumatisme psychologique. "Monsieur ne comprend pas qu'on parle d'une tentative de meurtre ici, le prévenu en parle comme si de rien n'était", déplore Me Henri Laquay, l'avocat de la partie civile.
"On parle d'un 'geste réflexe'. La victime a reçu six coups d'un objet qui entre dans la chair comme dans du beurre !", déclare l'avocat en ponctuant sa plaidoirie de six gestes sans équivoques. "Monsieur fait comme si la victime s'était empalée elle-même sur le tournevis", soupire à son tour le représentant du ministère public.
Près des organes vitaux
La victime était accompagnée de son cousin pour régler l'affaire les opposant. Ce dernier indique comme la victime que le ton est monté entre André R.F. et R.L.L. au sujet du certificat de conformité de la moto, que son ancien employeur était incapable de lui fournir.
De rage, André R.F. frappe une première fois la victime qui lui rend la pareille avant d'être pointée à six reprises, "près de tous les organes vitaux", avec le tournevis. "La victime arrive de bonne foi avec les papiers de cessation de la moto, je ne crois pas un instant qu'il est venu pour en découdre", estime la toge noire du parquet de Bruxelles qui requiert une peine de sept ans de prison à son encontre.
Un an après ces faits, un engin explosif a été lancé à la même adresse dans un possible règlement de comptes sans lien avec le milieu de la drogue, indiquaient les autorités. Tout le quartier s'interrogeait sur une possible vengeance suite à cette tentative de meurtre. "Une notice est ouverte mais mon client n'a jamais été inquiété", nous assure Me Laquay.
Le jugement sera rendu fin février.