Son récit incroyable : "Il y a 8 millions d’habitants, c’est 10 fois plus grand que Bruxelles, et quelle honnêteté des gens."

Supposez que votre iPhone que vous aviez en poche tombe sur la banquette du tram. Combien de chance de le retrouver après cinq minutes ?"

Ce touriste belge rentré hier de Thaïlande, où il a passé les fêtes, a une mésaventure incroyable à raconter.

Bangkok, rappelle Abdel Laarissi, c’est 8,5 millions d’habitants, dix fois la Région bruxelloise. Une véritable fourmilière humaine, un des pires trafics au monde. Et ce Bruxellois ne pratique pas la langue et n’y connaît personne ! Au quatrième jour, il perdait son iPhone. "C’est moins le prix de l’appareil que les milliers de photos et de vidéos qu’il contenait. Des souvenirs avec les enfants que je n’avais pas sauvegardés."

Abdel Laarissi est rentré de Thaïlande. Nous le retrouvons hier quasi à sa descente d’avion. "À Bangkok mais où ? Je pouvais l’avoir paumé mon iPhone à l’hôtel ou dans le taxi qui m’avait amené à l’aéroport pour mon vol pour Phuket."

Hôtel ? Taxi ? Ailleurs ? Et comment retrouver un taxi dans une ville qui en compte des milliers ? "J’ai commencé par composer mon numéro. J’avais mis l’iPhone sur silencieux. Il n’y a pas eu de réponse. À l’hôtel, personne ne l’avait trouvé et le service de conciergerie ne savait plus à quelle compagnie il avait fait appel. Pour moi, c’était fichu. Je pouvais faire une croix sur cet appareil de 800 euros."

Sauf que notre compatriote a songé aux réseaux sociaux et aux "amis" sur Facebook. Des jours, des semaines ont passé sans réaction. Le 1er janvier, le touriste belge avait tourné la page. Et puis…

Et puis, le 4 janvier, soit 34 jours plus tard, un certain Piti Prakongchai lui a envoyé ceci sur Messenger : "Abdel, did you lose your phone ?" Et juste après : "The guy who met your phone send me the message."

Quelqu’un avait trouvé le portable et un "ami" Facebook, ce Piti Prakongchai qu’Abdel n’a jamais vu "en vrai", faisait l’intermédiaire.

Le Bruxellois avait perdu son smartphone dans le taxi. Le chauffeur l’avait trouvé et avait cherché à le lui restituer. Mais comment retrouver un touriste ? "Piti était si heureux d’avoir pu rendre service. Il m’a invité chez lui dans sa famille. Il habite hors de Bangkok et cela n’a malheureusement pas été possible."

© D.R.

Le 12 janvier, le Bruxellois quittait Phuket. Il revenait sur Bangkok pour son vol de retour : son iPhone, perdu 34 jours plus tôt, l’attendait à l’hôtel. Le chauffeur avait poussé la gentillesse jusqu’à le déposer à la réception. "Et ceux qui connaissent Bangkok comprendront ce que cela a dû lui demander."

Abdel Laarissi se trouvait à Bangkok quand il nous a contactés à Bruxelles : "Quand je lis qu’on se fait agresser chez nous dans le métro, j’aimerais raconter ce qui se passe en Thaïlande."

D’accord ! Mais il fallait la photo de ce chauffeur de taxi : Wut Kamonkhon. "Tu rigoles ? Tu connais Bangkok ?"

Abdel le Débrouillard l’a retrouvé. Ce matin, il lui envoie l’article. Wut et lui sont amis, et plus seulement sur Facebook. "Regarde, Wut m’a aussi envoyé des photos de sa famille. À Bangkok, les gens vivent dans une pièce. Ils n’ont rien mais ils sont honnêtes. En partant en Thaïlande, je ne connaissais personne. Je reviens avec deux amis. Wut et Piti se sont cassé la tête pour moi qu’ils ne connaissaient pas."