Véronique a aidé son fils djihadiste, impliqué dans les attentats de Paris: le juge très clément avec elle !
Véronique a envoyé 65 000 euros à Sammy Djedou. De Syrie, il contribuera aux attentats de Paris.

- Publié le 26-12-2021 à 10h54
- Mis à jour le 26-12-2021 à 10h55

Quoi de plus naturel pour une mère que d'aider un enfant majeur en difficulté qui la sollicite financièrement ? Ce réflexe a valu à une Bruxelloise, Véronique, 71 ans, de se retrouver devant le tribunal correctionnel pour financement du terrorisme.
Le tribunal, qui a rendu jeudi son jugement a été clément. Il lui a octroyé la suspension du prononcé.
Son fils, Sammy Djedou, né en 1989, est mort, visé le 4 décembre 2016 par un tir de drone américain à Raqqa, la "capitale" de l'État islamique (EI).
Véronique n'est pas la seule à avoir envoyé de l'argent à son enfant qui a rejoint un groupe djihadiste en Syrie. Mais c'est elle qui a donné le plus : 65 539 euros sur 15 opérations.
Son fils n'est pas n'importe qui au sein de l'EI. Le Pentagone a expliqué, lorsqu'il a été droné fin 2016, que Sammy Djedou était un proche d'Abou Mohammed Al-Adnani, porte-parole et numéro 2 de l'EI jusqu'à sa mort en août 2016.
Sammy Djedou, s'est converti à l'islam à l'adolescence. Il a participé aux activités du Resto du Tawhid de Jean-Louis Denis. Il est parti pour la Syrie très tôt, le 28 octobre 2012, avec un ami de Laeken. Il avait 23 ans.
Sammy Djedou a rallié la Katibat al-Muhajirin (Bataillon des émigrés), un groupe dirigé par un Tchétchène, qu'ont rejointe les premiers Belges et Français. Le groupe s'affiliera à l'État islamique en 2013. Il a rapidement monté les échelons.
Pour le parquet de Paris, Sammy Djedou a travaillé sous la supervision d'Oussama Atar, considéré, au sein de l'EI, comme le dirigeant d'une Cellule des opérations extérieures. Atar aurait, à ce titre, été responsable de la planification des attentats en Europe.
Sammy Djedou, qui a déjà été condamné à 20 ans de prison par défaut pour avoir rejoint l'EI, doit être jugé par défaut en avril prochain devant le tribunal correctionnel de Bruxelles dans le cadre du procès dit B-Paris. Comparaîtront alors, quatorze des "petites mains" impliquées dans la préparation des attentats de Paris, que la justice française a décidé de ne pas poursuivre devant la cour d'assises de Paris, laissant à la justice belge la latitude de les juger.
Sammy Djedou a fréquenté, à Raqqa, des auteurs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles, dont Najim Laachraoui, qui, un mois avant de se faire exploser à Zaventem, le saluera dans un message envoyé à Atar.
Ces faits attribués à son fils, Véronique ne pouvait les connaître quand elle lui a envoyé de l'argent. Les 15 versements, étalés entre juin 2013 et mars 2015, sont antérieurs.
"J'étais dans un tel état de stress que j'imaginais le pire pour lui. Je suis une maman, pas une combattante. J'avais peur qu'il manque. J'étais prise par des angoisses insurmontables", avait-elle expliqué.
L'argent provenait de l'héritage que Véronique avait reçu.
En mars 2015, Véronique avait arrêté les envois vers son fils.