Abbé Pierre: funérailles à Notre-Dame et hommage national vendredi

E.P.

Un hommage national en la cathédrale Notre-Dame PARIS Le président Jacques Chirac a décidé qu'un hommage national serait rendu vendredi à l'abbé Pierre, dont les funérailles auront lieu le même jour en sa présence à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Néanmoins, contrairement à la tradition, et à la demande de la famille, les drapeaux ne seront pas mis en berne.

Le président Chirac fut, lundi matin, le premier à exprimer son "immense respect" et sa" profonde affection" :" Avec la disparition de l'abbé Pierre, c'est la France entière qui est touchée au coeur. Elle perd une immense figure, une conscience, une incarnation de la bonté. L'abbé Pierre représentera toujours l'esprit de révolte contre la misère, la souffrance, l'injustice et la force de la solidarité. Il aura été de tous les justes combats."

Toute la France s'est prononcée. Nicolas Sarkozy :" Entre le fatalisme et le cynisme, sa foi et son immense charisme nous ont entraînés sur les chemins de la bonté et de l'action." Ségolène Royal :" Sa lutte en faveur des démunis reste hélas d'actualité en cet hiver 2007".

Bernard Kouchner, fondateur de Médecins sans Frontières et ami de l'Abbé Pierre, s'est dit bouleversé et il a salué un" abbé de combat" dont il a appris" la leçon de colère, d'illégalité lorsqu'il fallait"

En Belgique, réaction de Mgr Danneels :" Celui qu'on surnommait l'Insurgé de la bonté était un géant de la miséricorde. Il rappelait à chacun son devoir d'humanité",

Un rassemblement sera aussi organisé jeudi, à partir de 19 h., au Palais Omnisports de Bercy pour permettre l'hommage de compagnons, de personnes engagées dans le mouvement.

Le président Jacques Chirac a décidé qu'un "hommage national" serait rendu vendredi à l'abbé Pierre, dont les funérailles auront lieu le même jour en sa présence à la cathédrale Notre-Dame de Paris, a annoncé l'Elysée.L'événement

"Le président de la République a décidé que serait rendu un hommage national à l'abbé Pierre le vendredi 26 janvier. Dans ce cadre, les funérailles de l'abbé Pierre se dérouleront à la cathédrale Notre-Dame de Paris vendredi à 11 heures", a déclaré la présidence. Emmaüs France avait annoncé plus tôt que les funérailles se tiendraient à Notre-Dame.

M. Chirac, ainsi que le gouvernement, doivent participer à la cérémonie de Notre-Dame, a-t-on indiqué dans l'entourage du chef de l'Etat. Mais contrairement à la tradition, et à la demande de la famille, les drapeaux ne seront pas mis en berne, précise-t-on.

Dans le passé, un "hommage national" a été rendu, entre autres, au pape Jean Paul II mort en avril 2005, aux victimes de l'attentat de Madrid de mars 2004 et au commandant Jacques-Yves Cousteau, mort en 1997.

Un rassemblement sera aussi organisé jeudi, à partir de 19H00, au Palais Omnisports de Bercy pour permettre "l'expression de témoignages et d'hommages de compagnons, de personnes engagées dans le mouvement, de personnalités, tout au long de la nuit si nécessaire", a ajouté Emmaüs dans un communiqué.

"La chapelle du Val de Grâce à Paris" sera également ouverte au public mercredi et jeudi de 10H00 à 22H00 "pour celles et ceux qui souhaiteraient se recueillir auprès du cercueil de l'abbé Pierre".

"Pendant toute cette semaine, les témoignages et les messages de sympathie pourront être exprimés dans l'ensemble des lieux du mouvement Emmaüs ouverts au public, ainsi que par message électronique sur le site d'Emmaüs France, www.emmaus-france.org", a encore indiqué l'association.

"Mes amis, au secours! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures", c'est ainsi qu'avait commencé l'appel de l'abbé Pierre, le 1er février 1954, lancé sur les ondes de Radio-Luxembourg, en faveur des sans-abri. Un appel qui allait devenir le symbole du combat de toute sa vie, la défense des mal-logés. L'abbé Pierre, de son nom Henri Grouès, avait fondé la première communauté Emmaüs en 1949.

Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, a souhaité, à l'instar du député UMP Georges Fenech, président du groupe d'étude parlementaire sur les sans-abri, que le projet de loi sur le droit au logement opposable porte le nom de l'abbé Pierre.

Les réactions ont afflué dès les premières heures de la matinée. L'abbé Pierre "nous a montré la voie de la générosité individuelle et collective", "il manquera à tous les Français", a déclaré le Premier ministre Dominique de Villepin qui conserve "la mémoire d'un homme de coeur et d'engagement, qui a montré à tous le chemin vers les plus démunis".

"Le long cri de colère de l'abbé Pierre contre la pauvreté ne doit pas s'éteindre ", a affirmé Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle.

"De la résistance à l'appel de 1954, de la création d'Emmaüs à son combat contre toutes les formes d'injustice, l'Abbé Pierre était la voix de l'insurrection et de l'interpellation. C'était un homme de combat", a pour sa part déclaré Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l'élection présidentielle.

"Bouleversé", Bernard Kouchner, fondateur de Médecins sans Frontières et ami de l'Abbé Pierre, a salué un "abbé de combat" dont il a appris "la leçon de colère, d'illégalité lorsqu'il fallait".

L'annonce de la mort de l'abbé Pierre a bouleversé nombre d'anonymes venus discrètement à l'entrée de l'hôpital parisien du Val-de-Grâce où il reposait, pour rendre hommage à "un père" qui, pour certains, les avait "beaucoup aidés". De nombreux SDF interrogés dans Paris - notamment près du canal Saint-Martin, devenu un nouveau symbole du combat pour les sans-logis - déploraient "un grand malheur".



© La Dernière Heure 2007

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...