Miraculé, il a survécu à un vrai naufrage
- Publié le 23-01-2007 à 07h15
Son corps était étendu parmi 28 cadavres
MONTEVIDEO L'abbé Pierre a toujours pu se considérer comme un authentique miraculé. Il a survécu à un naufrage meurtrier. On l'a cru mort. Son corps était allongé parmi 28 cadavres repêchés des eaux glacées.
Les faits se déroulent le 10 juillet 1963. L'abbé se trouvait à Montevideo, en Uruguay, où il avait supervisé la construction de centres de vacances pour enfants déshérités. Il devait se rendre à Buenos Aires, capitale de l'Argentine. Un brouillard dense paralysait l'aéroport.
L'abbé dut se résoudre à voyager en bateau. Au milieu de la nuit, à quatre heures, il fut réveillé par l'abbé Audinet, son collaborateur. Ce dernier lui tendait un gilet de sauvetage : Son bateau, le Ciudad de Asunsion, 428 passagers, venait d'entrer en collision avec un autre navire. La chaudière prend feu. Panne totale d'électricité. Tout le monde saute à l'eau.
L'abbé Pierre réussit à s'accrocher, ainsi qu'une dizaine de personnes, à un coffre en bois qui flotte. L'eau est glaciale. L'abbé s'évanouit une première fois mais reprend vite connaissance. Il va s'évanouir une deuxième fois et il sera repêché inconscient. Au point qu'on le croit mort. On le dépose au milieu des cadavres qui s'entassent. Par miracle, un sauveteur s'aperçoit qu'il bouge encore.
Parmi les victimes, deux enfants qu'il avait bénis la veille. Lui, il s'en sortira avec une congestion pulmonaire.
On lui demande ce que ça fait de se trouver ainsi face à la mort, il répond : "La mort ? Mais c'est comme une rencontre longtemps retardée avec un ami."
© La Dernière Heure 2006
