Budget fédéral: "C'est inimaginable que certains présidents d'autres partis ne voient pas l'urgence de la situation"
La présidente de la N-VA Valerie Van Peel a dénoncé lundi soir, sur les réseaux sociaux, une incapacité de ses collègues d'autres partis à surmonter leurs réticences pour une hausse de la TVA et un saut d'index.

- Publié le 04-11-2025 à 09h07
- Mis à jour le 04-11-2025 à 12h44
"Des mesures qui font mal à tout le monde", reconnaît-elle dans un extrait vidéo d'une intervention publique lors d'une conférence de sa tournée "Valerie Vlaandert". Mais elle juge "inimaginable" que certains présidents d'autres partis "ne voient pas l'urgence de la situation" et "n'osent pas se faire violence".
Cette sortie est d'autant plus remarquée que la présidente du parti du Premier ministre Bart De Wever s'est largement abstenue jusqu'ici de commenter les discussions budgétaires fédérales en cours. Mais avec l'échéance du 6 novembre qui approche - le chef du gouvernement veut un accord jeudi, faute de quoi il se rendra chez le Roi -, Valerie Van Peel fait désormais entendre sa voix.
"Il faut oser appeler un chat un chat"
Dans cet extrait vidéo, elle souligne l'urgence de la situation pour les finances publiques et appelle à voir plus loin que les réformes et les économies prévues. "Il faut oser appeler un chat un chat. Lorsque l'on est confronté à un tel défi dans un délai aussi court, si important pour éviter que les finances ne deviennent totalement incontrôlables, il faut aussi envisager des mesures telles qu'un saut d'index ou une hausse de la TVA. Des mesures qui font mal à tout le monde et que nous n'aimons pas prendre, soyons clairs."
"Je trouve donc inimaginable que certains collègues présidents n'osent pas se faire violence dans un moment pareil. Qu'ils ne réalisent pas l'urgence de la situation. Se préoccuper de l'intérêt général, c'est une priorité pour notre parti. Je ne peux qu'espérer que tout le monde se réveille cette semaine", conclut-elle.
Bien qu'il n'ait pas été cité nommément par la présidente de la N-VA, le président du MR Georges-Louis Bouchez a réagi à sa publication en renvoyant à un appel du prix Nobel d'économie français Philippe Aghion à taxer "raisonnablement", car "trop d'impôt tue l'impôt". "Il faut baisser la dépense publique et les impôts? Il ne faut pas être prix Nobel d'économie pour comprendre cela. Réformer, pas taxer !", a commenté le Montois.
La réplique de la nationaliste flamande n'a pas tardé. "Ce même économiste dit aussi: 'Le coût d'un non-accord est beaucoup plus important que les sacrifices qui sont demandés'. (...) Les charges d'intérêt sont également des impôts", ajoute-t-elle.
