Meta impose la transparence sur le recours à l'IA dans les pubs politiques
Pour éviter que les électeurs ne soient induits en erreur par des messages trompeurs, Meta (Facebook, Instagram) va obliger les campagnes politiques à être transparentes sur l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans les publicités, un sujet qui suscite beaucoup d'inquiétude à l'approche de la présidentielle américaine de 2024.

- Publié le 08-11-2023 à 21h00

"Les annonceurs devront divulguer chaque fois qu'une pub électorale, politique ou sur des sujets de société contient une image ou une vidéo photoréaliste, ou un son audio réaliste, qui a été créé ou modifié numériquement pour représenter une personne réelle comme disant ou faisant quelque chose qu'elle n'a pas dit ou fait", a annoncé le géant des réseaux sociaux dans un communiqué mercredi.
Cette nouvelle règle va s'appliquer l'année prochaine, dans le monde entier.
Elle porte aussi sur les publicités qui représentent "une personne d'apparence réaliste qui n'existe pas ou un événement d'apparence réaliste qui ne s'est pas produit" ou "un événement réaliste qui se serait produit, mais qui n'est pas une image, une vidéo ou un enregistrement audio fidèle de l'événement".
Dans ces trois cas, Meta "ajoutera des informations sur la publicité". Les annonceurs n'auront pas besoin de signaler les modifications numériques sans incidence sur le message, comme certains recadrages ou correction des couleurs sur une photo.
L'essor de l'IA générative, qui permet de produire des textes, images et sons sur simple requête en langage courant, facilite la création de toutes sortes de contenus, y compris des "deepfakes", ces photos ou vidéos manipulées à des fins trompeuses.
De Washington à Bruxelles, les autorités essaient d'encadrer cette nouvelle technologie, inquiète à l'idée des enjeux pour la démocratie, notamment.
Depuis le scandale de Cambridge Analytica et Facebook, qui a contribué à faire gagner Donald Trump aux Etats-Unis et les partisans du Brexit au Royaume-Uni en 2016, Meta a pris de nombreuses mesures pour lutter contre la désinformation sur ses plateformes.
"Comme toujours, nous supprimons les contenus qui enfreignent nos règlements, qu'ils aient été créés par l'IA ou par une personne", rappelle le groupe californien.
"Nos partenaires indépendants chargés de la vérification des faits examinent et évaluent les fausses informations virales et nous n'autorisons pas la diffusion d'une publicité si elle est classée comme fausse, altérée, partiellement fausse ou manquant de contexte".
L'AFP fait partie des dizaines de médias rémunérés par Meta dans le monde, au titre de son programme de vérification des contenus.
