Au volant, la distraction a plus d'impact sur les femmes
D'après une étude autrichienne, la gent féminine est beaucoup plus influencée par les distractions, mais elle y cède moins.
- Publié le 25-11-2016 à 06h46
- Mis à jour le 25-11-2016 à 06h51

D'après une étude autrichienne, la gent féminine est beaucoup plus influencée par les distractions, mais elle y cède moins. Les femmes sont plus sensibles à la déconcentration que les hommes lorsqu'elles conduisent.
Ne criez pas de suite à la misogynie. Car il faut tempérer l'étude par les chiffres d'accidentologie. La gent féminine est moins impliquée dans les accidents graves que les hommes et ce pour plusieurs raisons : conduite moins agressive, moins de comportement à risque…
Revenons au propos du jour. Une étude basée sur des tests en simulateur menée par l'institut de sécurité routière autrichien prouve que les femmes sont impactées dans une plus large mesure que les hommes par les éléments de perturbation testés.
Les femmes ont tendance à réduire de façon importante leur vitesse lorsqu'elles boivent, écrivent et lisent un message ou qu'elles téléphonent. Cette attitude a été épinglée dans les enquêtes comme l'un des comportements les plus énervants sur la route.
En ce qui concerne la déviation de la trajectoire, le constat autrichien est le même: les femmes ont tendance à dévier de la route plus que les hommes quand elles doivent effectuer une autre tâche, comme téléphoner ou manger au volant.
En outre, lors de la conduite en simulateur avec comme élément perturbateur un appel sans kit mains libres, les femmes ont détecté les événements critiques beaucoup plus tard que les hommes. Ce qui augmente sensiblement le risque d'accident. Les participants de sexe féminin à l'étude ont réagi beaucoup plus lentement lors de la lecture de textes et, dans une moindre mesure, pendant l'écriture de messages. Une autre différence significative entre les sexes a été trouvée pour la lecture de message, celle-ci est en faveur des femmes, les hommes ont tendance à plus détourner le regard que les femmes.
L'étude en simulateur démontre donc que dans ces conditions, les femmes semblent plus affectées par les distractions que les hommes : tant au niveau du temps de réaction que de la perte de trajectoire. Néanmoins, le fait que la part féminine des conducteurs enregistre bien moins d'accidents prouve que les femmes cèdent moins aux distractions que les hommes.
Lire un SMS est la pire distraction
Lors du test, outre le fait que les femmes ont connu plus de difficultés pour conduire distraites, les hommes n'en furent pas moins perturbés. Ainsi, sur toutes les distractions mesurées, c'est lire un message qui s'est révélée la plus dangereuse. En effet, lors de la lecture d'un message en conduisant, les personnes testées ont diminué de vitesse, mis plus de temps à détecter le danger, et réagi plus tard. En outre, les deux genres ont perdu leur trajectoire quand ils devaient effectuer d'autres tâches que la conduite seule.
Écrire un SMS se classe juste derrière la lecture dans les comportements à risque. "Cela s'explique parce qu'une partie de la population a tellement l'habitude d'écrire qu'elle n'est pas obligée de regarder l'écran quand elle tape un message. Alors que pour lire, il faut détourner son regard et son attention", explique Benoit Godart, porte-parole de l'IBSR (Insitut belge pour la sécurité routière). L'institut propose d'ailleurs de sensibiliser à la distraction au volant en venant dans les entreprises avec le simulateur de conduite. Nous nous somme pliés au jeu avant d'écrire ces lignes. Bilan: deux personnes virtuelles renversées à cause de l'envoi d'un SMS.