Scandales dans les maisons de repos en France, et chez nous ? 500 contrôles menés en 2021
La dernière fermeture d'institution pour maltraitance date de 2016.
- Publié le 29-01-2022 à 07h57
- Mis à jour le 04-02-2022 à 15h42

Des personnes âgées abandonnées dans leurs excréments, rationnées et laissées sans soin pendant plusieurs jours : le livre-enquête Les Fossoyeurs du journaliste français Victor Castanet montre comment l'obsession de la rentabilité du leader mondial des maisons de repos Orpea a conduit à de terribles dérives. Un ancien infirmier indique par exemple qu'il devait s'occuper de 33 résidents en même temps. Il témoigne aussi du manque criant de protections hygiéniques pour les seniors.
En Belgique, Orpea compte 80 structures. À la suite de la parution de l'enquête de Victor Castanet, la ministre de la Santé wallonne Christie Morreale a demandé à son administration d'effectuer des contrôles afin de vérifier que ça ne se passe pas de la même manière chez nous qu'en France. Cinq inspections ont eu lieu jeudi et d'autres étaient programmées vendredi. Le résultat de ces contrôles devrait être connu dans les jours qui viennent.
Les quelques 600 maisons de repos wallonnes sont régulièrement contrôlées. En 2021, 521 inspections ont été réalisées par l'Aviq.
"Il y a un an et demi, la ministre Christie Morreale a demandé qu'on puisse organiser des contrôles inopinés. Dès qu'une plainte est déposée auprès de l'Aviq, une visite est organisée ; 81 visites surprises ont ainsi eu lieu l'année passée à la suite de plaintes. Certaines de ces plaintes étaient justifiées, d'autres pas. Parfois les plaintes concernent des cas de maltraitance, parfois les conditions de travail du personnel. Les plaintes peuvent être adressées par les résidents, les familles ou les travailleurs", explique la porte-parole de la ministre.
La dernière fermeture d'institution pour cause de maltraitance envers des personnes âgées date de 2016. Une maison de repos située à Tournai avait dû fermer ses portes après plusieurs années de procédures en raison de cas de maltraitance avérés. "La fermeture d'une institution arrive en dernier recours, c'est vraiment très rare", précise la porte-parole.
"La violence vient surtout des familles"
Selon Respect Seniors, 4 à 6 % des personnes âgées seraient victimes de maltraitance.
La maltraitance envers les personnes âgées est une réalité dans notre pays. L'association Respect Seniors en a fait son cheval de bataille. "Ce n'est pas parce qu'il y a des contrôles réguliers et que toute personne peut porter plainte qu'il n'y a pas de maltraitance en Belgique. Chaque année, on reçoit environ 3 500 appels et parmi eux, 2 500 sont liés à des situations de maltraitance ; 60 % des faits ont lieu à domicile et le reste, en maison de repos", explique Dominique Langhendries, directeur de l'association.
Les maisons de repos ne sont pas systématiquement en cause dans les faits de maltraitance subis par les seniors. "Dans la majorité des cas, c'est la famille qui est pointée du doigt : 25 % de plaintes concernent les professionnels", poursuit Dominique Langhendries.
La violence envers les seniors revêt plusieurs aspects. La violence physique n'est pas forcément la plus répandue. "La principale forme de maltraitance est psychique. C'est par exemple le fait d'infantiliser les personnes âgées, de faire du chantage affectif, de leur manquer de respect… Il y a aussi le fait de les priver de leurs droits et ensuite la négligence."
Malheureusement, la maltraitance envers les personnes âgées reste un sujet tabou. Selon Respect Seniors, entre 4 et 6 % de la population âgée pourrait être concernée. "L'important, dans ces cas-là, c'est de ne pas rester seul. Il est important de pouvoir en parler à des associations qui proposent un accompagnement psychologique ou psychosocial comme la nôtre."
