"Ma maman est décédée du Covid, mais je ne savais même pas qu'elle l'avait !": Eric s'en veut d'avoir mis sa mère dans un home Orpea
Éric nous raconte les dernières semaines de la vie de sa maman, placée dans un home Orpea.
- Publié le 01-02-2022 à 06h45
- Mis à jour le 04-02-2022 à 15h42

Le scandale qui frappe le groupe Orpea depuis quelques jours a donné envie à Éric (prénom d'emprunt, NdlR) de nous parler de son expérience. Ou plutôt de celle de sa maman. Placée dans une maison de repos du groupe Orpea à l'automne 2020, elle y est décédée du Covid-19 durant la seconde vague, en novembre 2020. " Je m'en veux terriblement de l'avoir placée là et je ne l'aurais pas fait si j'avais su dans quelles conditions elle allait être ", souffle-t-il.
Car si sa maman a vécu ses derniers jours dans ce home d'une commune bruxelloise, elle ne devait y faire qu'un court passage. " Nous habitions dans un immeuble situé juste à côté, elle au cinquième, moi au troisième. Nous allions souvent manger au restaurant ensemble et, un jour, elle n'a pas su se relever de sa chaise. Nous l'avons emmenée à l'hôpital et on lui a décelé une fracture au genou, raconte-t-il. Elle est restée un mois à l'hôpital, et on nous a conseillé de la placer dans un home ou un centre de revalidation le temps de sa rééducation, soit un mois environ. Plusieurs adresses nous ont été proposées, mais nous avons choisi cet établissement Orpea car il était à deux pas de chez nous. Cela me permettait donc d'aller la voir tous les jours. "
Sauf que la seconde vague de Covid-19 est passée par là et que les visites ont vite été interdites. Et c'est là que les problèmes ont commencé. " J'appelais ma maman plusieurs fois par jour pour prendre de ses nouvelles, et elle avait toujours quelque chose à dire. Par exemple, elle ne pouvait pas sortir seule de son lit étant donné qu'elle portait une attelle. À plusieurs reprises, elle a attendu plus de 45 minutes pour pouvoir aller à la toilette... On lui amenait un thermos de café sans tasse, on lui plaçait son plateau-repas hors de portée, etc. "
Éric a bien remonté les plaintes de sa maman, mais sans amélioration. " Un jour, elle m'a expliqué que deux infirmiers qu'elle ne connaissait pas sont entrés dans sa chambre pour lui dire d'arrêter de se plaindre auprès de moi. Elle a eu tellement peur qu'elle n'a plus osé rien dire. Je dois dire que même moi, j'étais impressionné devant l'infirmière en chef qui avait un fort tempérament et aucune remise en question ! "
Il évoque aussi les soins spécifiques pour lesquels elle était placée. " Elle devait avoir des séances de kiné journalières, mais n'a pas été bien traitée. Pour rentrer chez elle, elle devait évoluer. Mais on lui faisait à peine marcher un demi couloir avant de retourner dans sa chambre… "
La situation n'aura pas vu d'amélioration au fil des semaines, jusqu'au décès de sa maman. " Un dimanche à 5 h du matin, on m'a appelé pour me dire que maman était décédée du Covid et pour me demander quelles pompes funèbres je choisissais. Pas de condoléances, rien. Mais le pire c'est que je ne savais même pas qu'elle avait le Covid. Elle ne répondait pas à son téléphone la veille car elle était sous oxygène, c'est ce qu'on m'a expliqué par la suite ", lance-t-il, touché.
Ce qu'il veut aujourd'hui, c'est que tout cela ne puisse plus arriver. " Le mal est fait pour ma maman, et je ne passe pas une seconde sans y penser. Je m'en veux réellement. Comme mon médecin traitant a dit, Orpea est une pompe à fric, juste de la poudre aux yeux ! "