D'étonnantes révélations ont été faites devant le tribunal de Bruxelles

BRUXELLES Le dossier impliquant un ancien avocat bruxellois devant le tribunal correctionnel de Bruxelles a pris une tournure pour le moins inattendue. Argent sale, trafic d'armes, sexe, pédophilie, Dutroux, Nihoul et Haemers étaient les ingrédients de la recette qui a retenu l'attention de tous dans la salle d'audience, ce jeudi matin.

L'ex-avocat Etienne Delhuvenne était le conseil de Patrick Haemers. En septembre 2000, il a été condamné par défaut à trois ans de prison ferme pour escroquerie, faux et proxénétisme.

Ce qui nous intéresse ici, ce sont les liens qui unissaient Etienne Delhuvenne à un certain Serge Frantsevitch. En 1984, Frantsevitch a été condamné à 4 ans pour incendie volontaire, faux et usurpation. Mais surtout, Frantsevitch était actif dans des activités spécialisées dans la pornographie infantile. Dans le cadre du procès de Jacques Monsieur, trafiquant d'armes notoire, le procureur avait également parlé de liens entre Monsieur et Frantsevitch. Delhuvenne et Frantsevitch, eux, semblent être complices de sociétés- écrans destinées à camoufler des bénéfices tirés du commerce de cassettes pédophiles.

A partir de Frantsevitch, on se rapproche tout doucement de Dutroux, Nihoul Frantsevitch semble avoir été en contact avec un Roland C. qui a quant à lui été condamné à 7 ans pour le viol de deux mineures. Roland C. était l'un des faux administrateurs des sociétés- écrans. En 1996, alors que la Belgique entière sombre dans le chaos suite à l'affaire Dutroux, Roland C. est arrêté. Il faut savoir qu'il habitait à Ixelles, à quelques pas à peine de la maison de la petite Loubna Benaïssa. La perquisition menée chez lui ne donne aucun résultat. Même sa citerne d'eau de pluie est vidée. En vain.

Cependant, la société-écran de ce dernier, située rue du Conseil, a été visitée. En effectuant ces démarches, on apprend que l'épouse de Roland en sait beaucoup. Elle révèle aux enquêteurs qu'il procurait des enfants à Dutroux, à Nihoul, à l'armurier de Haemers, Elle soutient avoir entendu des conversations téléphoniques où un langage codé était utilisé: «Il me faut trois chevaux: un blond et deux bruns» Selon elle, il n'y a pas de doute. Il s'agissait d'enfants.

Reste à savoir maintenant si toutes ces révélations dans cette affaire auront un impact sur le procès Dutroux

© La Dernière Heure 2003