La démocratie élective d'Alain Deneef

Le top manager veut inclure la population dans la réflexion politique

BRUSSELEIR ? NON, PEUT-ÊTRE… Ah ! Naturellement, en homme d'opportunités -dans le sens entrepreneurial du terme-, Alain Deneef, l'ex-n°2 de Belgacom, parti fin 2004 d'une SNCB qu'il dirigea, s'imaginerait bien couler des jours heureux, tiens, disons, "à Berlin", une cité aux similitudes d'avec notre capitale. Il n'est cependant aucun hasard dans la mise sur pied, par ses soins, des Etats généraux de Bruxelles (en novembre 2008)…

C'est qu'en manager de haut vol, Alain Deneef se débat pour un autre avenir, centré sur une "démocratie élective". Disert par enthousiasme, cet Ixellois issu de Solvay part au quart de tour dans le développement d'une pensée "out of the box" : "Le politique ne se préoccupe pas du long terme, estime-t-il. Le court terme, élections ou sondages, les fait bouger."

Sortir de ce carcan, de ce schéma de pensée, de cette "box" ne relève pas de l'utopie pour un Alain Deneef qui, en l'espèce, en connaît un drôle de bout. "Des gens ne veulent pas d'un futur pour la Belgique!", regrette l'avocat de formation en avançant, serein, constructif un demain prospectif. Son truc à lui pour combattre un "éparpillement" pas propre au pays qui est le nôtre ?

La théorie des scénarios, encadrée par une méthodologie impliquant directement les Bruxellois(es) :

"Aujourd'hui, Bruxelles, plus petite des villes mondiales, est d'une très grande complexité. En 1995, l'Aula Magna, date l'administrateur de sociétés, a initié une approche innovative quant à l'avenir de Bruxelles". Ce qu'il entend perpétuer par le biais d'une réelle participation, encadrée, des habitants. De sa sphère, Alain Deneef assène que ces "stratégies d'intelligence collective" conduisent à une sorte d'appel d'air, un rappel, aux politiques, du bon sens comme des souhaits profonds d'une population négligée. "Bien menée, cette approche débouche sur bien plus que la somme des individus qui la compose !", assure le président de l'Aula Magna.

La prise de conscience, "urbaine", bruxelloise de cet intellectuel amateur d'anglicismes remonte à période SNCB.

"Quand j'ai vu la négligence qu'on avait pour la ville…" À ces moments remonte d'ailleurs la percée du Nouveau mouvement bruxellois dont l'homme de 51 ans ne peut s'éloigner, s'il ne le revendique.

"Il y eut bien la triade Au la Magna et ses échanges nourris de réflexions d'experts, Manifesto (2003, NDLR) et bruXsel forum (2004, NDLR). Mais je n'ai, par exemple, aucun lien ave c le parti Pro Bruxsel…"

Ce qu'il défend, Alain Deneef (et en atteste, en décembre 2006 encore, sa signature entre 10.000 de l'Appel aux Bruxellois) c'est une réflexion globale, approfondie sur les enjeux de la ville, de sa ville à laquelle il associe, indéfectiblement, la société civile. Aux fins, réitère le parfait trilingue, "d'attirer les politiques vers un autre modèle".

Tiens ! Le politique. Des sirènes qui ne pourraient pas le tenter, lui, l'archétype même de celui qui la pratique au quotidien ? "On m'a courtisé !", admet-il logiquement… mais en balayant l'éventualité d'un revers de la main.

Attention ! Qu'on ne s'y méprenne pas. Le captivant orateur Alain Deneef se dit "ni bruxello-centré, ni bruxello-obsédé". Même si, sujet oblige, il vanterait à l'infini ce "laboratoire", ce "cosmopolitisme" d'un Bruxelles dont il a "l'intuition que ce qui unit sa population, ce n'est pas son passé, mais bien son avenir"…

Guy Bernard

Pas d'appartenance politique ! Mais un avis "éminemment politique". Et novateur. didier bauweraerts

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