Jaguar Land Rover rattrapé par la crise automobile européenne
La voiture, principalement électrique, devient inabordable en Belgique et subit la concurrence d'un marché asiatique agressif. Le groupe pourrait licencier 4000 personnes.
- Publié le 07-09-2026 à 12h06

Après Volkswagen, qui a annoncé la suppression de dizaines de milliers d'emplois, c'est au tour de Jaguar Land Rover (JLR) de réduire la voilure. Le constructeur britannique pourrait supprimer quelque 4 000 emplois au cours des deux prochaines années. Si ce chiffre, avancé par The Times, n'a pas encore été officiellement confirmé par le groupe, une chose est certaine : JLR cherche à réduire ses coûts face au recul de ses ventes, à la baisse de son chiffre d'affaires et à des perspectives devenues incertaines. Même le luxe, généralement épargné par la crise, semble aujourd'hui frappé de plein fouet.
Un pari électrique risqué
Jaguar, marque emblématique fondée en 1922, s'est toujours distinguée par ses voitures sportives et raffinées. Pourtant, à l'instar de Volkswagen, le constructeur a fait très tôt le choix de miser sur l'électrique. Fin 2024, Jaguar a dévoilé son concept Type 00, censé annoncer le renouveau de la marque. La présentation, très controversée, n'a pas convaincu. Son design spectaculaire, notamment sa teinte rose, et une communication jugée très marquée idéologiquement ont suscité de nombreuses réactions négatives.
Le premier modèle de cette nouvelle génération, la Jaguar Type 01, doit prochainement arriver sur le marché. Cette berline électrique quatre portes vise le segment du luxe, avec un prix particulièrement élevé. Son succès semble très alléatoire...
Chez Land Rover, l'avenir n'est pas davantage garanti. Le constructeur mise notamment sur les Range Rover, Defender et Discovery électriques. La première Range Rover électrique vient d'être commercialisée, mais son prix, proche de 180 000 euros, risque de limiter son succès. À ce niveau, les modèles européens peinent à rivaliser avec les SUV chinois, beaucoup moins chers.
Le marché chinois et américain se retourne
JLR a longtemps profité des ventes de ses luxueux Land Rover en Chine et aux États-Unis. Mais ces deux marchés deviennent désormais plus difficiles. Aux États-Unis, les droits de douane sur les véhicules importés pénalisent les ventes. En Chine, les constructeurs locaux se sont lancés à leur tour dans le haut de gamme et gagnent du terrain face aux marques européennes. Mercedes et d'autres constructeurs premium subissent la même pression.
Des voitures devenues trop chères
Au-delà du cas de JLR, c'est l'ensemble de l'industrie automobile européenne qui traverse une période délicate. L'électrification constitue l'un des principaux défis. Si la voiture électrique progresse fortement en Belgique, cette croissance repose surtout sur les voitures de société. Les ventes aux particuliers restent, elles, limitées.
La raison est simple : les voitures neuves sont devenues extrêmement chères. Les normes européennes en matière de sécurité et d'émissions, de plus en plus strictes, ont entraîné une hausse importante des coûts de production. Les modèles abordables ont particulièrement souffert : la Citroën C1 et la Peugeot 108 ont disparu, tandis que des modèles comme la Fiat Panda ou la Toyota Aygo ont vu leur prix fortement augmenter.
Le constat est donc plus large que celui de Jaguar Land Rover : à force de rendre les voitures plus propres et plus sûres, l'Europe risque aussi de les rendre inaccessibles à une partie croissante des automobilistes.

