Pas le temps de faire vos courses? Elles vous attendent en gare !

Ottignies est la première étape du nouveau développement de Wink, qui compte étendre le service à d'autres gares

V. S.
Pas le temps de faire vos courses? Elles vous attendent en gare !

Ottignies est la première étape du nouveau développement de Wink, qui compte étendre le service à d'autres gares. Wink a toujours fait figure d'ovni dans le paysage de la grande distribution. D'une part, car il s'agit du seul distributeur qui ne possède pas de supermarché physique (deux drive adossé à un vaste entrepôt à Wavre et Zaventem), mais aussi car la diversification des points d'enlèvement participe à une stratégie visant à faciliter la vie du consommateur en se rapprochant au maximum de son lieu d'habitation.

Ainsi, hormis les deux drive de Wavre et Zaventem, les clients de Wink ont la possibilité de retirer leurs achats dans quatre stations services Total (Louvain-la-Neuve, Ruisbroek, Ohain et Rhode St Genèse), sur les deux sites des AMP (Anderlecht et Wilrijk) ou encore dans la conciergerie bruxelloise située dans le bâtiment Arts56.

"Nous voulons au maximum diversifier nos points d'enlèvement pour faire gagner du temps à nos clients", explique Cédric Antoine, CEO de Wink. "Il nous est donc apparu opportun de proposer ce service dans la gare d'Ottignies, qui draine quelque 19.000 passagers par jour. Il est clair que nous ambitionnons de développer le concept dans d'autres gares mais cela n'est pas encore gravé dans le marbre et il faudra d'abord analyser les retours de cette première expérience à Ottignies."

Pour Cédric Antoine, si l'ouverture de nouveaux drive tels que ceux de Wavre et Zaventem n'est pas exclue, la multiplication des points d'enlèvement "permet d'ouvrir le marché de manière beaucoup plus rapide. À ce titre, cela nous semble être l'option la plus pertinente car construire un vaste entrepôt et y adosser un drive est nettement plus complexe. Dans notre stratégie d'innovation, nous imaginons donc la multiplication des pôles régionaux à proximité d'un centre névralgique. Et ce même s'il n'est pas possible dans ces structures de proposer la préparation de commande en une heure."

En ce qui concerne la gare d'Ottignies, il sera possible de passer commande sur le site de Wink jusqu'à 10 h, le matin même, pour un enlèvement entre 15h30 et 20 h. "Nous pourrons traiter jusqu'à 80 commandes par jour mais il y a une possibilité d'agrandissement du site."

Enfin, tout semble avoir été prévu en cas de retard (toujours possible !) de votre train. "Nous avons opté pour un créneau horaire assez large. On commence à 15h30 car on a remarqué que c'est l'heure à laquelle les premières voitures quittent le parking. Et nous avons décidé d'offrir ce service jusqu'à 20 h, car nous avons constaté que la majorité des voitures sont reprises pour 19h. Si malgré tout, un client devait arriver en retard et serait dans l'incapacité de récupérer sa commande, elle sera réacheminée vers le dépôt et reconditionnée. Nous lui proposerons alors un nouveau créneau d'enlèvement."

Carrefour cible les entreprises

Chez Carrefour aussi, on tente de se rapprocher au plus près du client. À Reyers, les employés de la RTBF et de la VRT se sont habitués à leur point d'enlèvement sur le site. "C'était une première pour nous et les retours sont très bons", explique Baptiste van Outryve, porte-parole du groupe. "Nous envisageons de nouveaux développements de ce type mais les contrats définitifs ne sont pas encore conclus. Certaines entreprises nous ont aussi contactées car elles souhaitaient offrir ce service à leurs employés. Nous ne pouvons malheureusement pas répondre favorablement à tous car il faut bien entendu une masse critique de clients potentiels pour un tel investissement."

Près de 10 % d'utilisateurs

Le client online ne déserte pas pour autant le magasin, où il complète ses achats.

Les enseignes de la grande distribution restent très discrètes lorsqu'on leur demande quelle part de leur clientèle effectue ses achats via le drive ou les points d'enlèvement. Mais tous s'accordent sur l'énorme potentiel du service, en croissance à deux chiffres ces dernières années.

Chez Delhaize, le service a connu une très belle progression en 2016. "Cette année, on voit que ce n'est pas seulement le chiffre d'affaires qui augmente, mais également le nombre d'utilisateurs", explique Roel Dekelver, directeur de la communication.

D'après Comeos , 9 % des Belges ont acheté des produits alimentaires via Internet. Et environ 3 % sont des clients fidèles qui effectuent chaque mois au moins une commande par ce canal. La marge de progression est énorme et il n'est donc pas étonnant de voir les distributeurs multiplier les points de retrait et drive à travers le pays.

On constate aussi que les utilisateurs sont des plus variés. Il s'agit autant de jeunes ménages qui y voient une façon de gagner du temps que des personnes plus âgées qui, notamment via la livraison, s'épargnent les achats les plus lourds comme les bouteilles d'eau et autres produits volumineux. Mais rares sont ceux qui ne font que leurs achats en ligne. "Le client aime encore venir en magasin, notamment pour des produits spécifiques (tout n'est pas disponible sur les sites) ou pour la nouveauté."

Constante cependant : le prix moyen du panier est beaucoup plus élevé lorsque la commande est passée en ligne. "De nombreux clients dépassent les 150 €, ce qui leur permet d'épargner les frais de préparation."

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