Voici les dessous de l'ouverture du dimanche chez Aldi
"Les conditions proposées sont intéressantes", estiment certains travailleurs.
- Publié le 05-06-2026 à 14h30

L'ouverture dominicale dans la grande distribution semble inéluctable pour l'ensemble des acteurs du secteur.
C'est déjà une réalité chez Delhaize, Intermarché, Carrefour, Okay ou Spar, tandis que la réflexion est plus qu'engagée chez Lild et Aldi.
Colruyt, seule enseigne qui reste encore en retrait
Seul Colruyt reste encore un peu en retrait, même si le groupe a déjà annoncé qu'il réfléchissait au meilleur modèle tout en précisant que les conditions salariales actuelles qui prévalent dans la commission paritaire ne leur permettent pas de franchir le pas.
Lundi dernier, direction et syndicats d'Aldi se sont rencontrés pour débattre de certaines conditions de travail. L'ouverture du dimanche n'était pas, à proprement parler, à l'ordre du jour, mais la direction a malgré tout transmis une proposition aux délégués syndicaux, sans entamer les débats sur ce sujet.
Sur base volontaire
Et elle semble avoir pris les devants en anticipant le principal grief qu'émettraient les syndicats, à savoir l'obligation du travail du dimanche. La direction a dès lors bien précisé que cela se ferait sur base de volontariat.
L'objectif est d'ouvrir l'ensemble des magasins le dimanche alors que son principal concurrent dans le secteur du smart discount, Lidl, a annoncé son intention d'ouvrir dans les villes et zones où la concurrence est fortement présente et déjà ouverte le dimanche. La direction de Lidl évoque, à ce stade, l'ouverture dominicale de la moitié des ses points de vente.
Pas question, cependant, d'ouvrir le dimanche sans compensation pour les travailleurs. Deux possibilités s'offrent à eux : soit un sursalaire de 50 % pour les heures prestées, soit une récupération de 50 % (en plus du jour presté) en congé. "Pour ma part, cela me semble correct, indique Dimitri. Mais il faudra que je me renseigne car je n'ai pas envie que les 50 % de sursalaires soient davantage taxés et qu'il ne me reste presque rien en poche. De toute façon, je préfère prendre un peu plus de congés car je n'ai pas envie de travailler 6 jours sur 7."
Cumuler avec un flexi job
Autre son de cloche du côté de Rémi. "L'ouverture du dimanche est aussi une opportunité pour travailler en flexi dans un autre point de vente. Je connais plusieurs employés de Delhaize qui font ça. Cela les arrange car ils peuvent travailler plus sans être taxés ou presque. Naturellement, il faut trouver un point de vente autre que celui où on travaille car il est illégal d'exercer un flexi job auprès du même employeur. Mais avec le nombre de magasins qui vont ouvrir le dimanche, ce ne sera pas très compliqué. Et pour les gérants, c'est aussi avantageux car ils bénéficient d'une main-d'œuvre qualifiée à moindre coût. C'est du gagnant-gagnant."
Si les discussions n'ont pas encore été entamées entre direction et syndicat, la prochaine réunion étant prévue le 29 juin, de nombreuses questions restent pendantes. Combien de travailleurs seront nécessaires pour ouvrir le dimanche ? Combien seront volontaires et combien de flexi jobs ou étudiants viendront en renfort ? Autant de questions qui inquiètent les syndicats, même s'ils ne sont, par principe, pas opposés à cette ouverture du dimanche.
Des syndicats prudents
L'ACV émet néanmoins déjà quelques réserves sur les propositions. "Ils veulent ouvrir les magasins jusqu'à 13h00. Or, la législation du travail interdit aux commerces d'ouvrir leurs portes le dimanche après 12h00", souligne Koen Vanschoubroeck. "Il est également question de faire ouvrir les magasins par un seul travailleur et un étudiant jobiste, ce qui a été accueilli par des rires moqueurs de la part du personnel."
Selon le syndicat libre Synova (ex-CGSLB), un accord sur les ouvertures dominicales ne sera pas évident et n'interviendra pas avant l'été, même s'il n'y a en principe "pas de grands obstacles", estime le responsable sectoriel Wilson Wellens. "Les travailleurs sont soulagés que cela se fasse sur base volontaire. Nous ne sommes pas enthousiastes, mais les ouvertures dominicales sont difficiles à empêcher. Et pour certains travailleurs, elles peuvent être intéressantes."
Les syndicats profiteront assurément de cette négociation pour mettre d'autres revendications dans la balance pour améliorer les conditions de travail de manière générale, et pas uniquement le dimanche.
