Prix du gaz: stocks sous pression et peu d'espoir de baisse à l'approche de l'hiver, "si demain Trump décide de couper les livraisons, que fait-on ?"
Les tensions au Moyen-Orient pèsent sur les perspectives énergétiques. Pour le professeur de l'UCLouvain, la durée de la crise accentue la vulnérabilité européenne.

- Publié le 22-09-2026 à 08h12
- Mis à jour le 22-09-2026 à 09h51

Les records du diesel attirent les regards, mais le gaz nourrit lui aussi les inquiétudes. Avec l'hiver en ligne de mire, la question dépasse celle du prix : combien de temps les stocks permettront-ils d'amortir les difficultés d'approvisionnement ?
Bertrand Candelon, économiste et professeur à l'UCLouvain, décrit une situation de plus en plus difficile à mesure que les tensions internationales se prolongent.
Des réserves qui ne règlent pas tout
"Clairement, les stocks sont bas et les tensions au Moyen-Orient sont toujours là. Pour l'instant, il n'y a pas d'accord à très court terme en vue, donc pas d'espoir de voir les prix baisser", estime-t-il. Il souligne que la crise dure depuis février et que l'arrivée de l'hiver rend la question des réserves plus pressante.
Ce lundi, le ministre fédéral de l'Énergie, Mathieu Bihet, indiquait dans une interview que "la situation est interpellante, elle est grave, elle est surveillée, mais la position de la Belgique est telle qu'elle reste bien approvisionnée".
Interrogé sur la capacité de la Belgique à faire face, Bertrand Candelon se montre plus réservé. "Nous avons des stocks, mais ils sont nettement moins élevés que l'année dernière, précise-t-il. Le recours aux réserves stratégiques illustre déjà la gravité du choc énergétique. Ces réserves permettent d'amortir une perturbation, sans régler les causes du blocage. Plus cela dure, plus cela va devenir difficile."
Une dépendance qui se déplace
Au-delà des réserves, le professeur s'inquiète du poids pris par les fournisseurs encore accessibles. Il cite notamment la Norvège et les États-Unis et estime que la réduction des possibilités d'approvisionnement renforce leur pouvoir sur les acheteurs européens.
"Si, demain, Trump décide de couper les livraisons de gaz naturel liquéfié, que fait-on ? Nous avons réduit la diversification de nos approvisionnements et cela devient difficile", lance-t-il.
Quelle issue pour les prix ?
À moyen et à long terme, Bertrand Candelon refuse de promettre une détente. "Je n'ai pas de boule de cristal. Personne n'en a. Une désescalade au Moyen-Orient pourrait faire baisser les prix, mais je ne vois pas de trajectoire claire vers un accord."
"J'espère que la situation va se calmer au Moyen-Orient. Si elle pouvait aussi se calmer en Ukraine, ce serait encore mieux. Mais ce n'est pas entre nos mains", conclut-il.