En Belgique, le tabou salarial dépasse le cadre professionnel : 12 % des Belges ne connaissent pas le salaire de leur conjoint
Alors que la transparence salariale gagne du terrain dans les entreprises, parler de ses revenus reste tout de même un sujet sensible, au bureau et même à la maison.

- Publié le 15-04-2025 à 10h52

En Belgique, parler salaire reste un sujet sensible, voire tabou. Une récente étude menée par Partena Professional, en collaboration avec le professeur en économie du travail Stijn Baert, révèle que cette gêne autour de l'argent dépasse largement les frontières du lieu de travail. Deux Belges sur trois ignorent même le salaire de leur meilleur(e) ami(e), preuve que le "Salary-Tabou" est profondément ancré dans les mentalités.
Au sein des entreprises, la discrétion reste la règle. Selon cette enquête, 62 % des travailleurs belges ne connaissent pas le salaire de leur collègue direct. Ce chiffre grimpe à 86 % lorsqu'il s'agit du salaire de leur supérieur hiérarchique. Et pourtant, beaucoup admettent être curieux. "Ce n'est pas le manque d'intérêt qui freine les gens, mais bien l'embarras d'aborder la question", analyse Yves Stox, Managing Consultant chez Partena Professional.
Un phénomène typiquement belge
Seuls 14 % des travailleurs belges se sentent réellement à l'aise de parler salaire. Un chiffre relativement faible, surtout lorsqu'on sait que 69 % d'entre eux accepteraient que leurs collègues soient au courant de leur rémunération. Ce paradoxe souligne un phénomène typiquement belge : ce n'est pas tant la transparence salariale qui dérange, mais bien l'initiation de la conversation.
Certaines catégories de la population se montrent néanmoins plus ouvertes et décomplexées. Les moins de 35 ans, par exemple, sont nettement plus à l'aise avec le sujet. 77 % d'entre eux estiment normal que leurs collègues connaissent leur salaire, et 69 % avouent être curieux de connaître celui des autres. Les néerlandophones sont également un peu plus enclins à parler d'argent que les francophones.
70% des travailleurs belges ignorent ce que gagne leur meilleur ami
Le "Salary-Tabou" ne se limite pas au lieu de travail, il s'invite aussi dans nos amitiés et relations. Selon cette étude, 12 % des Belges en couple avec un ou une partenaire salarié(e) ignorent ce que l'autre personne gagne. "Il est intéressant de souligner qu'il n'y a pas de différence notable entre les générations, mais bien entre les différentes régions du pays : parmi les Belges francophones, 1 sur 5 (20 %) ne connaît pas le salaire de son partenaire", explique Stijn Baert.
"En revanche, nous observons un fossé générationnel dans le domaine du cercle d'amis. 70 % des travailleurs belges ignorent ce que gagne leur meilleur(e) ami(e). Mais chez les Belges de moins de 35 ans, ce pourcentage chute à 59 %, indique Yves Stox. Par contre, en ce qui concerne le 'Salary-Tabou' dans la sphère privée, il n'y a pas de différences significatives entre les hommes et les femmes, ni entre les personnes hautement qualifiées et celles ayant moins de formation."