"La douleur est là, elle ne part jamais" : les confessions rares et bouleversantes de Jamel Debbouze sur l'accident qui lui a coûté son bras

L'humoriste de 51 ans, qui a perdu l'usage de son bras droit à 15 ans, s'est confié comme jamais dans les pages de "Merci pour le non", le livre de la chanteuse Elisa Tovati (éditions du Rocher). "Je ne voulais pas être un poids de plus pour ma mère"

Pierre-Yves Paque
French-Moroccan actor and Master of Ceremony Jamel Debbouze speaks during the 48th edition of the Cesar Film Awards ceremony at the Olympia venue in Paris on February 24, 2023. (Photo by BERTRAND GUAY / AFP)
French-Moroccan actor and Master of Ceremony Jamel Debbouze speaks during the 48th edition of the Cesar Film Awards ceremony at the Olympia venue in Paris on February 24, 2023. (Photo by BERTRAND GUAY / AFP) ©AFP or licensors

Dans "Merci pour le non", livre d'Elisa Tovati sorti ce 21 octobre et qui compile les témoignages de personnalités qui ont vu une porte se fermer au cours de leur vie, Jamel Debbouze partage sa douloureuse expérience comme rarement auparavant…

À 15 ans, un accident ferroviaire lui avait coûté l'usage de son bras droit, tandis que son ami est décédé. La famille de ce dernier avait porté plainte pour homicide involontaire, mais l'affaire s'est soldée par un non-lieu. Jamel évoque donc dans ce livre ce traumatisme et la douleur persistante, tout en révélant comment il a surmonté cette épreuve et trouvé son propre chemin. "Il y a eu la douleur. Elle est là. Elle ne part jamais. Mais je me suis adapté très vite. Quand on m'a dit que je ne pourrais plus bouger mon bras droit, ça ne m'a rien fait. J'ai pris un stylo. Je me suis mis à écrire de la main gauche. Tout de suite. Il fallait aller vite. Je n'avais pas le temps de m'apitoyer."

"J'ai été en fauteuil roulant pendant un moment"

L'humoriste avait surtout peur de compliquer encore plus la vie de misère de sa mère qui vivait entre Barbès et Trappes. "Je me suis retrouvé seul face à moi-même. Vraiment seul. Et j'avais deux options. Soit me laisser porter, me laisser assister. Soit me prendre en main et faire quelque chose de ma vie. Quand on m'a parlé d'aides, de statut, de reconnaissance de handicap, je n'ai pas accepté. J'avais 15 ans. Le mot était trop lourd. Et surtout, je ne voulais pas être un poids de plus pour ma mère."

"J'ai passé presque deux ans à l'hôpital"

Si Jamel Debbouze a eu plus de chance que son ami qui s'est fait happer par le train Paris-Nantes lors de son passage en gare de Trappes, il a toutefois été très longtemps en réanimation. "J'ai passé presque deux ans à l'hôpital. J'ai été en fauteuil roulant pendant un moment, donc j'ai eu le temps de comprendre, d'accepter, de m'habituer à cette nouvelle vie. J'ai eu le temps de m'acclimater à l'idée."

Et de conclure. "Quand je suis sorti, le premier truc que j'ai fait, c'est bouger. Je faisais déjà de la danse avant, du hip-hop, et j'ai voulu reprendre tout de suite. Il fallait que je remue mon corps. Il fallait que je continue à être vivant. S'arrêter, ce n'était pas une option. Je ne me suis jamais posé en victime. Jamais."

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