"Chaque année, on panique !": le Vous Rire des frères Taloche devient le deuxième plus gros festival d'humour en francophonie
Le Festival international du rire de Liège, en cette rentrée, change de nom pour sa quinzième édition et en clin d'œil à son nom d'origine : Vous Rire.
- Publié le 28-08-2026 à 14h30

"C'est votre festival; donc, on le fait pour vous !" Quinze ans, quinze jours, quinze salles. Pour son anniversaire, le Festival du rire de Liège change de nom donc et devient un incontournable de la scène humoristique francophone (deuxième derrière Montreux Comedy) avec plus de 220.000 spectateurs et 29 galas télévisés diffusé dans 84 pays. "Ce qui fait notre force, ce sont nos captations et diffusions télé", assurent les frères organisateurs qui ont explosé leurs abonnés (plus de 300 %) en un an. Ça veut dire que les gens veulent de plus en plus voir des trucs. Et si tu n'as pas de galas à la télé, c'est compliqué. Ce que les gens veulent, c'est voir des sketchs. C'est ce qui a fait la force de Montreux. Et qui a participé à notre notoriété."
Le festival des Taloche, qui se tiendra du 1er au 15 octobre proposera en effet des affiches avec tout type d'humour tels qu'un gala d'ouverture présenté par Alex Vizorek (avec notamment Laurent Gerra, Éric Antoine ou Chantal Ladesou), une carte blanche donnée au duo français du Grand Cactus Giroud et Stotz ou encore une première pour Thierry Luthers qui viendra parler de morts sur scène. Sans oublier Élodie Poux, Damien Gillard (le phénomène Fabrizio du Grand Cactus auquel les Taloche ne s'attendaient pas : "Il a vendu plus vite que Gad Elmaleh"), Kevin Levy, GuiHome ou encore Samuel Bambi (Danse avec les stars). Et, depuis leur collaboration avec Montreux Comedy, le plus grand festival d'humour du monde débarquera aussi en cité ardente le 30 octobre avec la crème du stand-up made in Montreux.
À quand un spectacle sur ou en intelligence artificielle ?
Vincent Taloche. "Ça va venir ! Je viens même de faire un stage de deux jours. C'était génial. Moi, ça me passionne. Mais pas tellement artistique, plus pour le business et la gestion."
Bruno Taloche. "Mais un spectacle intégralement écrit par l'IA, ça va venir. C'est vrai qu'il y a de plus en plus de qualité. Mais de là à remplacer les artistes… j'ai un gros doute. On fait attention à tout. Comme quand on a fait l'affiche générale, on a fait attention à la parité quand même. On fait gaffe."
Pour les quinze ans, fallait marquer le coup ?
Bruno Taloche. "On n'a pas l'impression qu'il y a quinze ans. Ce n'est pas une blague. On a réussi une très belle programmation. On a du lourd en noms français et beaucoup de Belges. On est très fiers de ça. Il n'y a jamais eu autant de Belges au festival. Chaque année, on panique. Mais on a réussi à trouver des idées sympas. De convaincre, par exemple, Élodie Poux. Car, normalement, elle ne tournait pas."
Et vous voilà aujourd'hui juste derrière Montreux Comedy ! Une affaire qui roule entre vous ?
Vincent Taloche. "Malgré certains détracteurs que Grégoire Furrer pourrait avoir… On le défend. Parce que cela fait maintenant cinq ans qu'on est associés. Et donc on se voit tout le temps. Moi je l'aide pour les Belges au Bénin, à Montréal, à Lille, etc. Cela s'est très bien passé. Je ne crois pas qu'il veut aller se développer sur l'Asie ou Dubaï. En tout cas, il ne nous en a jamais parlé. Déjà d'avoir Suisse, France, Belgique, Afrique, Canada. C'est déjà beaucoup."
"Un cas comme Ary Abittan pourrait nous arriver" : la gestion de crise du festival belge
À l'heure de l'affaire Patrick Bruel ou des humoristes comme Ary Abittan, Seb Melia, Djimo, etc., comment ces directeurs de festival gèrent-ils les artistes accusés d'agression sexuelles ? "On ne va pas chercher la polémique, assure Vincent Taloche qui rappelle que la seule polémique en quinze ans était lorsque Stéphane Guillon avait quitté la scène et le festival en plein show ("Désolé mais ça ne va pas" avait-il lancé en prétextant que ses vannes ne fonctionnaient pas). Dans l'humour, on dit toujours qu'il y a des trucs qui vont sortir. Il y a eu Ary Abittan, notamment. Mais, après, on doit faire très, très attention… Parce qu'à l'heure des réseaux sociaux, j'ai l'impression que tout le monde est jury ou juge. Je ne vois pas pourquoi même les humoristes s'excitent à attaquer."
Une gestion de crise "compliquée" d'après les frères. "C'est touchy. Il ou elle a-t-il fait quelque chose ou pas ? Qui sommes-nous pour juger ? On se méfie car c'est trop violent. Le jugement artistique est vite fait et tous ces gens-morflent." Avant de conclure. "Mais cela pourrait nous arriver. Imaginons qu'on lance le festival et que, pendant le festival, il y a une artiste qui a un truc qui sort. On va devoir réagir. Mais, on n'a pas encore réfléchi à la question. Ce sera au cas par cas."