La chanson d'avril de Natacha achève la trilogie des histoires de Sirius : Walthéry plus en forme que jamais !
Cette semaine, nous vous proposons différents univers de bandes dessinées : une hôtesse de l'air mondialement connue, la nouvelle collection Air Noire ou encore une enquête au temple d'Angkor Vat
- Publié le 30-03-2025 à 17h40
- Mis à jour le 30-03-2025 à 17h41

Toutes les deux semaines, nous continuons à vous parler, à critiquer et à vous présenter des nouvelles BD qui atterrissent dans les rayons des librairies. Toute une série d'aventures pour adultes, jeunes et ados à découvrir. Faites votre choix et surtout… prenez le plaisir de lire !
La BD zen de la semaine : le grand voyage spirituel et drôle d'un Batave au Japon
Le Pitch : Zen sans maître. L'auteur hollandais Frenk Meeuwsen partage son expérience, entre l'Asie et l'Europe, le Japon et les Pays-Bas, le passé et le présent. Il a consacré trois ans à la rédaction de ce livre unique et atypique, décrivant son cheminement spirituel en cinquante-cinq courts chapitres, tantôt amusants, tantôt cruels, mais toujours éclairants et ironiques. 55 "haikus" perspicaces, qui racontent la vie, les questions et les espoirs d'un jeune Néerlandais au pays du Soleil levant.
Notre avis : Comme le directeur des éditions Anspach nous l'expliquait il y a quelques semaines dans un long entretien, il aime lorgner vers le nord pour y dénicher d'autres talents. Les Pays-Bas en regorgent, la preuve avec cette nouvelle édition de "Zen sans maître" initialement sortie chez nos voisins dès 2017. Une version colorisée par Frank Meeuwsen, à la base ce n'était qu'en noir et blanc, spécialement pour sa version francophone. On a apprécié le ton et le côté détaché d'un Occidental qui découvre la culture nippone et les fondements de cette branche japonaise du bouddhisme. Son regard décalé sur "le business" du zen et son utilisation dans la vie quotidienne via de petites choses simples à mettre en place et efficaces aussi. La méditation, le calme intérieur, la joie de réaliser certaines choses simples, penser par soi-même sont certainement des concepts à travailler dans nos sociétés ultra-connectées, noyées d'avis tranchés et stimulées en permanence… Seul bémol sur cet excellent ouvrage, cela part parfois dans un peu trop de sens à la fois. Le tout, vous l'aurez deviné dans une lecture zen qui fait du bien !
La BD "old school" de la semaine : Natacha nous raconte sa Chanson d'avril
Le Pitch : Natacha : Chanson, d'avril. Vous pensiez que, de retour de Nouvelle-Calédonie, la grand-mère de Natacha et le grand-père de Walter en avaient fini de leurs aventures ? Heureusement non ! Car les voici en plein Pacifique, toujours accompagnés de la petite Chacha, qui croisent un paquebot de luxe stoppé en plein océan, alors que brille dans le ciel nocturne une mystérieuse lumière… À bord : l'équipage et les passagers endormis, ainsi qu'un coffre-fort éventré. D'étranges cambrioleurs ont réussi là un joli coup, qui ne sera peut-être pas le dernier… À moins que la grand-mère de Natacha, aussi courageuse et séduisante que sa petite-fille, n'en décide autrement… Car l'aventurière a des arguments à faire valoir, comme Chanson d'avril, son revolver fétiche !
Notre avis : François Walthéry à une triple actualité en ce moment : la sortie du 24e tome des aventures de son personnage fétiche Natacha créée à la fin des années 1960 ; un gros recueil "Une vie en dessins" qui retrace son riche parcours de dessinateur incontournable et la sortie du film "Natacha, presque hôtesse de l'air". Un gros programme pour l'un des "derniers mohicans" de l'époque dorée de la BD franco-belge. Pour l'avoir rencontré il y a peu, on peut vous affirmer que le Liégeois n'a rien perdu de son humour à 78 ans ! Pour cette nouvelle aventure de la blonde aux formes généreuses, Walthéry boucle donc son triptyque après "L'épervier bleu" et "Sur les traces de l'épervier bleu". Trois tomes basés sur des scénarios posthumes de Sirius disparu en 1997. C'est un bel hommage à une époque incroyablement fertile et pleine d'aventures rehaussé par les dessins de Walthéry.
La BD inspirante de la semaine : Vivre en étant malvoyante
Le pitch : Dans ses yeux. Qu'importe la difficulté du chemin pourvu qu'il mène au bonheur… Tanie ne remet jamais au lendemain. Toujours dans l'action, elle déborde de projets et profite de chaque instant. Marc, son mari, a du mal à suivre. Il a parfois le sentiment qu'elle est la locomotive et lui le wagon. Et pourtant, Tanie souffre d'un handicap, elle est malvoyante.
Notre avis : Marc Cuadrado rend homme à sa femme dans cette bande dessinée de la plus belle des manières. Connu pour son style plus cartoon, il adopte ici un trait plus affiné pour imager le quotidien de sa femme, et également le sien en tant qu'accompagnant. Loin d'être larmoyant ou fataliste, Dans ses yeux montre la réalité du handicap : des voisins vexés parce qu'elle ne leur fait pas signe, la difficulté de s'occuper seule de ses petits-enfants en bas âge, ou encore ce simple désir d'autonomie, comme aller faire du shopping toute seule… Autant de scènes de vie racontées avec sincérité et humour, entre défis quotidiens et résilience. Mais la force de caractère de Tanie et son envie (voire, son besoin) de se surpasser forcent l'admiration et insufflent une véritable leçon de courage.
La BD polar de la semaine : Dupuis lance un nouveau catalogue "noir" !
Le Pitch : Parker : La proie. Parker, un grand gaillard au physique d'acteur hollywoodien et à la mâchoire carrée, aime varier ses plaisirs : tantôt voleur, tantôt braqueur ou pirate de la route. Cette fois, il a mijoté un coup parfait et a priori sans risque. Le butin ? Un coffre de banque à Cedar Falls, une bourgade tranquille de l'Iowa, et un casse facile avec trois acolytes aguerris. L'affaire va mal tourner au moment du partage du butin quand l'un d'entre eux décide de faire cavalier seul et de flinguer ses ''associés''. Seul Parker s'en sort et sincèrement, ce n'est pas une très bonne nouvelle pour le traître du groupe…
Notre avis : Aire Noire comme l'explique Dupuis, est né d'un dilemme éditorial : comment intégrer de nombreux projets d'albums qui rappellent "Aire Libre" par leurs qualités littéraires évidentes, mais s'en éloignent par leur ancrage très fort dans le genre policier ? Dès lors un nouveau label a vu le jour ! Et c'est "Parker" qui a le grand privilège de débuter ce catalogue que l'on espère aussi qualitatif que cette première balle tirée par Kieran et Doug Headline. Une histoire basée sur le personnage de fiction créé par le prolifique romancier américain Donald Edwin Westlake alias Richard Stark. C'est une BD bien noire avec toute la panoplie du genre. De l'action, des poursuites, un code d'honneur, des personnages aussi secs qu'un vieux whiskey… On a hâte de voir la suite !
La BD d'aventures de la semaine : Enquête au temple d'Angkor Vat
Le pitch : Les mondes perdus : La danseuse d'Angkor Vat (tome 2). Dans ses yeux. Peu après les fêtes de Noël, Amy quitte Londres pour l'Indochine. Son père est appelé en renfort sur le site de fouilles archéologiques d'Angkor Vat. Après un long voyage en bateau qu'elle a la chance de partager avec Eliott, son ami d'enfance, Amy termine seule le trajet jusqu'au Cambodge. Elle est alors accueillie par Sophal, une jeune danseuse, et Maenong, une adorable éléphante. Si les premiers jours vont être consacrés aux fouilles et aux recensements des trésors du site, rapidement, Amy va découvrir qu'ici aussi les trafiquants d'antiquités sévissent et qu'il faut à tout prix les arrêter. La curiosité et la soif de justice d'Amy vont lui attirer bien des ennuis…
Notre avis : Amy revient pour une nouvelle aventure, cette fois au cœur du Cambodge. Si le premier tome souffrait parfois de dialogues un peu trop naïfs, ce second opus gagne en maturité et en assurance. L'héroïne y affronte des pilleurs de temples, tout en affirmant son indépendance et son féminisme. Au-delà d'un récit bien construit et prenant, cette bande dessinée se révèle aussi particulièrement enrichissante. Elle plonge le lecteur dans la culture cambodgienne, explore la mythologie hindoue et met en lumière certaines traditions, comme l'obligation de se marier au sein de sa classe sociale. En bonus, un dossier de cinq pages, présenté sous la forme du journal de bord d'Amy, apporte un éclairage supplémentaire sur l'histoire et les coutumes du pays. La dernière page, quant à elle, sensibilise à la traite des éléphants dans cette région d'Asie du Sud-Est, dénonçant leurs terribles conditions d'exploitation pour le tourisme. Cette bande dessinée intelligente et captivante séduira les jeunes lecteurs, curieux de découvrir le monde.
La BD espionnage de la semaine : Une Fantômette 2.0
Le pitch : Cassiopée : Collège, cabrioles et cambriole (tome 1). Après quelques années passées à l'étranger, Cassiopée et son frère Natt reviennent vivre en France, à Paris. Très vite, Cassiopée se fait des amis, mais aussi quelques ennemis : elle est prise en grippe par une bande d'adolescents qui lui font payer sa gentillesse et son intégrité. Mais les dangers qu'elle court au collège ne sont rien face à ceux de sa vie secrète. La nuit venue, accompagnée de son grand frère Natt, Cassiopée revêt sa tenue de cambrioleuse pour exécuter les contrats qui leur sont confiés. Et justement, Natt vient de recevoir une nouvelle mission : voler des documents dans le coffre d'une grande entreprise spécialisée dans le diagnostic de pollution. Pour Cassiopée, cette mission est révoltante. S'engage alors une réflexion sur les conflits de générations, les problèmes du quotidien des adolescents et les injustices du monde qui les entourent.
Notre avis : Collégienne le jour, cambrioleuse la nuit… Cassiopée n'est pas une adolescente comme les autres. Grâce à ses talents de hackeuse, elle aide son frère dans des cambriolages, mais elle s'en sert aussi pour protéger ses amis au collège. Amélie Sarn réussit à jongler habilement entre la réalité de l'adolescence — avec ses amitiés, ses rivalités et ses dilemmes — et la vie secrète (et bien plus périlleuse) de Cassiopée la nuit. Ce premier tome pose les bases d'une aventure palpitante où l'action se mêle à des réflexions plus profondes sur la quête de justice. Un premier tome prometteur, qui allie suspense et engagement avec intelligence.
