Mosimann, compositeur du nouvel hymne de la Star Academy: "La boucle se boucle"
Le DJ, producteur et chanteur a composé le nouvel hymne de la Star Academy. Rencontre.
- Publié le 14-10-2022 à 14h17
- Mis à jour le 23-10-2022 à 19h27

À l'heure où TF1 a dévoilé les premiers visages de la nouvelle promotion de la Star Academy, La DH et LN24 ont reçu Mosimann, gagnant de la saison 7 de l'émission et ex-coach de The Voice Belgique, aujourd'hui âgé de 34 ans. "La sortie de la Star Ac' était difficile mais exceptionnelle, assure celui qui sera à l'Olympia le 5 novembre prochain pour présenter sa tournée 2023. Je ne peux pas me plaindre. Cette émission a changé ma vie pour plein de bonnes raisons. Et on ne m'en parle pas à l'international, seulement quand je rentre en France." Celui qui avait été casté par TF1 lors d'un de ses DJ sets à Ibiza - le télécrochet n'ayant jamais eu de DJ chanteur dans ses rangs - a finalement remporté le programme.
Vous avez voulu vous détacher de la Star Ac' mais vous y revenez aujourd'hui. Pourquoi ?
"Je crois qu'il y avait une volonté de boucler la boucle. Ce n'est pas la même chose d'y retourner quand tu as vraiment accompli des choses. Je reviens un peu en grand frère serein, pas celui qui doit se prouver des trucs ou est en manque de buzz. J'y vais car je sais que je vais pouvoir faire une prestation sur un prime. Et tout le monde y revient, de Jenifer à Nolwenn, toujours avec bienveillance. Si je ne le sentais pas, je ne le ferais pas."
La Star Ac' n'avait pas été, à un moment donné, un frein à votre carrière ?
"Peut-être en termes d'image, oui. Si j'avais continué à être chanteur et à faire de la variété française, ça aurait plutôt été un avantage… Sauf que moi, je suis né dans la house music et je n'avais rien envie de faire d'autre. J'ai peiné pendant quelques années à essayer de joindre les deux, comme sur mon premier album Duel, mi-variété française et mi-electro. Je suis donc arrivé un soir sur scène à l'Olympia avec mon nom en lettres rouges et j'ai réalisé que j'avais le syndrome de l'imposteur, que je n'ai rien à faire là. Car ce n'est pas la musique que je défends et, surtout, avec l'impression d'avoir trahi ma communauté de l'époque."
C'est pourquoi vous avez décidé de littéralement tuer le "Quentin" que vous étiez dans votre clip "Lonely" ?
"Il y avait une volonté d'émancipation, de changement et de faire comprendre aux gens qu'on évolue. Refaire un Olympia en mode DJ, 15 ans après, c'est le rêve. Et avec la Star Ac' qui revient, il y a une boucle qui se boucle."
Au-delà de composer l'album de reprises, vous en réalisez le nouvel hymne. À quoi cela va ressembler ?
"Ah… malheureusement, je ne peux pas vous le dire. J'ai signé un contrat qui m'empêche d'en parler. Mais on a beaucoup discuté sur le choix du titre qu'on allait reprendre et comment on allait le reprendre. C'est un défi car c'est un titre assez vieux. Le seul indice que je peux vous donner est qu'il s'agit d'un titre qui a remporté des Victoires de la musique à son époque. Il fallait le dépoussiérer avec une composition très particulière et que ça plaise aux gens."
Mosimann se serait-il enfin trouvé en tant qu'artiste ?
"Je pense que je m'étais surtout planqué… Pas que dans la musique car on passe du temps à se trouver, à savoir qui on est et où on veut aller. Du coup, on passe par pas mal d'erreurs aussi. Mes erreurs ont rendu tout ça plus dur mais je crois que ça y est, oui, j'y suis ! Je n'avais pas réussi dans mon pays et j'avais besoin d'être validé par mes pairs. L'international me l'a permis. Même si cela est arrivé plus tard."
Pour preuve, aujourd'hui, vous composez pour de nombreux artistes : Bruel, Claudio Capéo, Louane, Sanson ou encore Grand Corps Malade.
"Oui, tout ce qui est resté en moi de variété française est sorti (sourire) !"
Quels conseils donneriez-vous à la nouvelle promotion de la Star Academy ?
"Le meilleur conseil à donner est de ne pas tricher, d'être soi-même. Moi c'est une erreur que j'ai pu faire. Je pensais tout le temps aux caméras, je n'osais pas être grossier. J'étais toujours dans le contrôle alors qu'il faut être soi-même sinon si tu fais les choses pour les autres, pour les gens, jamais pour toi. Tu te retrouves un soir à l'Olympia avec les boules… Put***, en fait, je me suis trompé ! Et cela arrive plus vite qu'on ne le pense."
Sa reprise de Françoise Hardy, "Comment te dire adieu", validée par la chanteuse souffrante
Mosimann a trouvé sa voie en redéfinissant un peu le deejaying. "J'ai voulu remettre les choses à leur place", souligne celui qui n'est jamais tombé du côté obscur du milieu pour autant. "Il m'arrive de faire la fête mais ce n'est même pas une volonté en fait. Je suis juste comme ça. Le seul bon alcool que j'aime, c'est un bon vin Syrah qui me fait plaisir. Mais pas l'alcool fort qu'on sert en boîte. Ce n'est pas mon truc. Par contre, je mange mal. J'adore le chocolat, le sucre et je mange entre les repas."
Et il boit aussi "beaucoup d'eau". Clin d'œil à sa reprise de Françoise Hardy, "Comment te dire adieu", que la marque Contrex avait aussi repris, jadis, dans sa publicité légendaire. "J'en ai joué même, avoue Mosimann. J'ai fait une vidéo avec une bouteille de Contrex. Je suis content de cette reprise car il faut savoir que pour une reprise autorisée qui sort, il y a 50 refus avant. J'ai fait une démo, elle a été refusée, puis une autre et on m'a dit oui. Mais, en plus, Françoise Hardy a écouté le titre et me l'a validée avec beaucoup de bienveillance. C'est génial ! D'autant plus que l'on sait qu'elle ne va pas très bien… Je lui souhaite d'aller mieux."