"On peut être coquette et avoir du plomb dans la tête": Livia Dushkoff est notre invitée du "Grand Entretien" ce samedi
Visage familier des téléspectateurs et voix bien connue des auditeurs, Livia Dushkoff vit aujourd'hui un tournant dans sa carrière : sa première émission en solo sur La Une. Elle se livre avec sincérité dans la DH sur sa vie devant et derrière la caméra.

- Publié le 06-06-2026 à 10h07
- Mis à jour le 06-06-2026 à 13h02

C'est dans les couloirs flambants neufs de MediaSquare, le nouveau siège de la RTBF, que nous avons retrouvé Livia Dushkoff. Un lieu qu'elle découvre presque en même temps que nous, quelques mois avant d'y prendre officiellement ses quartiers avec l'équipe du 8-9 de VivaCité. Impossible de la manquer : sourire éclatant, allure soignée, présence naturelle. Livia Dushkoff occupe l'espace avec une énergie communicative. Elle parle fort, rit volontiers et assume pleinement cette personnalité solaire qui fait sa marque de fabrique.
Avant de commencer la séance photo, elle donne le ton en demandant à être immortalisée de son "bon profil", celui qui met davantage en valeur ses dents. "Parce que de l'autre côté, on dirait que j'ai reçu un coup de poing. J'ai peut-être été bercée trop près du mur, je ne sais pas !", lance-t-elle dans un éclat de rire. Une autodérision assumée qui en dit déjà beaucoup sur la femme qu'elle est : spontanée, sans filtre et authentique.
À un tournant important de sa carrière, alors qu'elle vient de décrocher sa première émission en solo, Les Trésors de la Wallonie, diffusée à partir de ce samedi sur La Une, l'animatrice de 41 ans, qui succède également à Fanny Jandrain dans Stoemp, Pékèt… et des rawettes, s'est livrée avec une rare sincérité dans le Grand Entretien de la DH.
En quoi consiste votre nouvelle émission, Les Trésors de la Wallonie ?
"Quand on me l'a proposée, j'ai dit oui tout de suite parce que c'est tout ce que j'aime. C'est un jeu d'aventure où quatre familles s'affrontent pendant une semaine entière alors qu'elles parcourent la route de l'UNESCO, qui travers la Wallonie d'Ouest en Est, dans des camping-cars assez vintage. À chaque spot culturel où elles s'arrêtent, du Château de Beloeil au site où on a découvert des fossiles d'Iguanodon à Bernissart en passant par l'ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu, elles doivent relever des épreuves pour trouver des indices qui les mèneront à la clé qui leur ouvrira les portes d'un van exceptionnel, tout confort et hyper moderne et qui leur permettra de remporter des entrées pour tous les festivals et pour les musées wallons. Ce qui est génial dans cette émission, c'est que toute la famille peut participer, adultes comme enfants, et ça met en lumière le patrimoine belge."
Quel est votre rôle dans cette émission ?
"J'ai guidé les familles et je les ai rassurées aussi. Je papote avec tout le monde, je rigole avec les enfants, j'essaye de mettre les gens à l'aise parce qu'ils ne sont pas habitués aux caméras. Puis, mon rôle, c'est évidemment d'expliquer les règles des épreuves et pourquoi on est à tel ou tel endroit."
Le camping, c'est votre truc aussi ?
"Pas du tout ! (rires) Après le tournage de La Yourte, je me suis dit : 'Une fois, pas deux !' Moi, il me faut mon confort, l'eau chaude, les toilettes à portée de main."
Quelles sont vos vacances idéales ?
"Avant, je vous aurais répondu : la plage, le soleil, un Mojito et un bouquin. Ça fait du bien, surtout lorsque tu as une vie hyper rythmée. Aujourd'hui, ça m'ennuie vite. Je préfère aller découvrir des villes chargées d'histoire, des musées, des châteaux. Je pense à Rome, Pragues ou encore Londres. Mais, du coup, quand je reviens de là, je ne suis pas du tout reposée parce que je n'ai fait que marcher."

C'est votre première émission en solo. Dans quel état d'esprit en prenez-vous les commandes ? Avec fierté ou stress ?
"Je ne suis pas une traqueuse ou une stressée. Le tournage s'est bien passé bien que c'était une première pour moi. Les familles étaient contentes et l'équipe de production aussi. La productrice m'a dit qu'elle était contente de moi. Pour moi, c'est donc mission accomplie. J'essaye de mettre un point d'orgue à ce que les gens avec qui je travaille soient contents de travailler avec moi. Aussi, j'ai vu les premières images et je suis assez contente du résultat. J'espère que ça plaira aux téléspectateurs."
Est-ce une forme de consécration pour vous ?
"En télé, j'ai toujours eu un rôle secondaire. J'ai toujours trouvé que mon rôle dans Le Grand Cactus n'était pas très important et pas très utile. Jérôme (de Warzée, NdlR.) me rassure en me disant qu'il l'est parce qu'il porte les rires et les réactions. Donc, oui, quand on m'a proposé cette émission, j'étais fière. C'est une reconnaissance. Ça fait du bien de voir qu'on n'a pas peur de me confier des projets."
Enfant, rêviez-vous déjà de travailler dans les médias ?
"J'ai toujours eu un côté show girl que je tiens de mon papa. Petite, je faisais des spectacles, je voulais qu'on me regarde. À l'école, j'étais le pitre, j'aimais faire rire les copains. Je voulais attirer l'attention en permanence. Mes professeurs me disaient souvent que j'avais une grande 'babaye', comme on dit chez moi. Mais, venant d'un milieu modeste, je n'ai jamais vraiment pensé que c'était possible. Mes parents ont ramé dans leur vie donc moi, j'avais besoin de quelque chose de concret. J'avais des facilités à l'école, notamment en maths et en sciences, donc je me suis lancée dans des études universitaires et je suis devenue ingénieure commerciale. J'ai travaillé un moment dans ce secteur mais, ça ne me passionnait pas du tout. Au fond de moi, il y avait toujours une envie d'autre chose."
Ensuite, vous avez été élue Miss Italie de Belgique…
"J'avais 26 ans à l'époque. Je ne voulais pas du tout faire ce concours. C'est mon petit copain de l'époque qui m'a inscrite à la sélection et je l'ai fait. Je pense que j'ai été élue parce que je m'en foutais complètement. J'étais hyper détendue parce que j'étais persuadée que je n'allais pas gagner. J'étais vieille par rapport aux gamines de 18 ans qui y participaient aussi. Finalement, j'ai gagné. Ça a rendu ma famille très fière parce qu'ensuite, elle a pu me voir sur la Rai (chaîne de télévision italienne, NdlR.). C'était la consécration !"

C'est ce qui vous a ouvert les portes de la téléréalité Bachelor et aidé à démarrer votre carrière dans les médias.
"L'émission cherchait une fille d'origine italienne qui parlait parfaitement français. En Belgique, j'avais fait parler de moi en gagnant Miss Italie parce que certaines personnes critiquaient le fait qu'une professeure de maths pouvait s'inscrire à ce genre de concours et défiler en bikini. Mais, je ne pense pas que c'est Bachelor qui m'a aidé à me faire une place dans les médias. Je pense, au contraire, que ça aurait pu me fermer des portes. Après l'émission, j'ai fait beaucoup de plateaux télé : Morandini, Hanouna, etc. J'étais à l'aise devant la caméra. Et c'est comme ça que David Jeanmotte, que je connaissais bien, a parlé de moi à Jérôme de Warzée pour le Grand Cactus."
Regrettez-vous parfois d'avoir participé au Bachelor ?
"Non, je ne regrette pas parce que mon aventure était chouette et très peu scénarisée. Mes propos n'ont pas été modifiés, je ne suis pas passée pour une fille que je ne suis pas. Les téléspectateurs se sont attachés à moi parce qu'au départ, j'avais l'air sûr de moi et ensuite, je perdais un peu pied. Mais, c'est vrai qu'après cette émission, j'avais l'étiquette d'une Miss qui faisait de la téléréalité et qui donc, selon certains, était bête. Beaucoup se sont arrêtés à ça. D'ailleurs, mon frère ne m'a plus parlé pendant plusieurs mois après l'émission. Il était fâché que je fasse de la téléréalité. Il avait peur de l'image que ça allait véhiculer. Au début, ça m'a touchée, j'avoue…"
Pensez-vous qu'aujourd'hui encore les gens ont une image préconçue de vous ?
"Certains, oui. Quand la RTBF a annoncé que je reprenais Stoemp, pékèt… et des rawettes et que j'allais présenter Les Trésors de la Wallonie, une dame a commenté sur les réseaux sociaux : 'En tout cas, elle ne brille pas par son intelligence.' Ce qui m'a fait plaisir, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui lui ont répondu pour la contredire. Moi, j'ai simplement répondu : 'En tout cas, il y en a qui ne brillent pas par leur bienveillance.' Elle a finalement supprimé son commentaire. Certaines personnes sont malheureusement restées bloquées à cette étiquette de téléréalité. Mais, je ne suis pas bête, j'ai une bonne culture et je m'intéresse à plein de choses."
Est-ce que les critiques de ce genre vous touchent ou est-ce que vous passez au-dessus ?
"Elles ne me touchent plus. Quand j'étais plus jeune, oui. Je n'étais pas préparée à les recevoir. Je ne connaissais pas trop les réseaux sociaux à l'époque et je me suis retrouvée propulsée sur Twitter avec des commentaires positifs et négatifs. Je n'étais pas prête à ça. Heureusement, j'avais déjà 26 ans, un diplôme et je travaillais. Je savais qui j'étais. Je pense qu'une gamine de 17 ans ne l'aurait pas vécu de la même façon."
Depuis la rentrée, vous remplacez Sara de Paduwa au 8-9 de VivaCité aux côtés de Cyril Detaeye et Jérôme de Warzée. Avez-vous l'impression de devoir vous imposer encore plus parce que vous êtes une femme ?
"Non parce que je connaissais déjà l'équipe et que je suis une femme de caractère. Ce que je trouve dingue, c'est qu'en 2026, quand tu arrives un peu coquette au boulot, on dit que t'es la bimbo de service et que tu n'es pas intelligente. Parfois, je mets des décolletés, des jupes courtes, des talons et je me maquille. Et je vois que ça fait parler, les hommes comme les femmes. J'ai envie de dire : 'Eh les gars, on peut être coquette et avoir du plomb dans la tête !' L'emballage ne fait pas l'intérieur. Au début du Grand Cactus, on me disait que je ne savais que montrer mes jambes. Il a fallu du temps pour que les téléspectateurs apprennent à me connaître. Le côté 'bimbo' du Grand Cactus s'est un peu effacé."
Dans Le Grand Cactus, vous êtes souvent la cible de vannes, notamment sur votre physique. Comment le vivez-vous ?
"Chacun en prend pour son grade ! (rires) Ça me fait marrer. Je suis la première à faire des vannes sur le fait que j'ai de grandes dents. Il y a 20 ans, ça m'aurait peut-être touchée mais depuis, j'ai appris à vivre avec mes défauts. Il y a des gens qui disent que j'ai un sourire incroyable et d'autres que mes dents ne sont pas droites. Ce n'est pas grave. Excusez-moi de ne pas avoir été en Turquie me mettre de fausses dents!"
Avez-vous déjà été confrontée à des comportements déplacés ou inappropriés dans l'univers des médias ?
"On a reçu beaucoup d'invités, que ce soit dans le 8-9 ou dans Le Grand Cactus et, je n'ai jamais eu de malaise avec qui que ce soit."
Que pensez-vous de l'affaire Patrick Bruel, artiste que vous avez déjà croisé à plusieurs reprises à la RTBF ?
"Il a toujours été très correct et sympa avec moi. Je n'ai rien à dire contre lui. J'entends ce qu'il se passe autour de lui mais, personnellement, je n'ai rien à signaler à ce sujet. J'ai passé une journée entière avec lui pour les 20 ans de VivaCité et il n'y a eu aucun comportement négatif de sa part envers moi."
Qu'est-ce qui vous permet de déconnecter ?
"Dans la voiture, j'écoute pas mal de podcasts, principalement liés aux crimes et à l'Histoire. Il faut que ça me passionne pour rester réveillée au volant. Avec mon rythme de vie, toujours à 100 à l'heure, je suis devenue de plus en plus casanière. Le week-end, j'adore rester à la maison en pyjama, sans maquillage, et regarder la télévision. J'aime aussi rester en famille et aller manger chez ma maman."
N'avez-vous jamais pensé quitter Mons pour vivre à Bruxelles ?
"Non, jamais de la vie ! Pour moi, il est impensable de passer une journée sans aller avoir ma maman qui habite aussi dans le Borinage."
Où vous voyez-vous dans 10 ans ? À la télé française ?
"Je ne cherche pas à tout prix à faire carrière en France sinon j'aurais un agent et je passerais des castings. Mais, honnêtement, si une chaîne française me propose quelque chose, je ne dirai probablement pas non. J'adorerais présenter une émission comme Secrets d'Histoire, par exemple."
Et niveau personnel, avez-vous envie de fonder une famille ?
"Quand j'étais plus jeune, je me disais qu'un jour, je serai maman. Puis, mon frère a perdu un bébé à la naissance. Je pense que ça m'a un peu traumatisée. Ça a été dur à vivre. Puis, il y a eu les chagrins d'amour. À chaque fois, je me disais que la chance que j'avais, c'était de ne pas avoir d'enfant avec cette personne. Aujourd'hui, je n'ai pas de petit copain et bien que je pourrais faire un bébé toute seule, ça ne me tente pas. Ça ne me manque pas. Par contre, j'adore passer des moments avec mes nièces. Je dis juste que je ne veux pas d'enfants à moi. Je sais que c'est encore un sujet tabou aujourd'hui mais chacun peut s'épanouir de façon différente."
