Les grands, lésés dans les attractions à sensations fortes : dès 1m95, c'est entrée interdite !
Le poids n'est pas pris en compte pour déterminer l'accès ou non aux attractions, ce qui n'est pas le cas de la morphologie.

- Publié le 05-08-2023 à 14h26
- Mis à jour le 20-12-2023 à 11h29

La vie de grand n'est pas toujours facile, pourrait vous dire n'importe quelle personne largement au-dessus de la taille moyenne. Être littéralement au-dessus de la norme est souvent une contrainte : chaises, tables, bureaux inadaptés, portes trop basses (surtout les vieilles maisons), etc. cela peut entraîner quelques soucis de santé comme les maux de dos ou les scolioses. Dans certains cas, une trop grande taille restreint même l'accès à certaines activités, notamment dans les parcs d'attractions. S'il y existe des limites de taille pour les enfants, il en est de même dans le sens inverse : interdit aux personnes approchant les deux mètres.
À Walibi par exemple, quatre attractions, sur les 40, sont interdites aux personnes de plus d'1,95 mètres, ceci au centimètre près. Ainsi, les célèbres Vampire, Dalton Terror, la moins connue Buzzsaw et la dernière attraction en date, le Kondaa n'acceptent pas les géants, ceci alors que des attractions de type montagne russe (Loup-Garou, Cobra…) ne posent pas problème. Ce sont les constructeurs des attractions qui décident explique la porte-parole de Walibi Justien Dewil : "le concepteur met des limites à l'usage des attractions. Ce n'est pas une question de poids mais de morphologie de la personne". Les créateurs adaptent donc les attractions en fonction de la taille moyenne des Européens, pour que le plus grand nombre d'amateurs puisse en profiter. Et rehausser les tailles, déplace le problème dans l'autre sens. Imaginons, si l'attraction est adaptée jusqu'à 2m10, elle sera augmentée de 15 centimètres vers le bas, les personnes de 1m55 minimum au lieu de 1m40 actuellement pour le Buzzsaw par exemple.
Interrogé sur le sujet, un expert de la sécurité des attractions de l'organisme de contrôle agréé Vinçotte explique : "pour les grands, on regarde entre l'assise et les épaules pour éviter que la fermeture du harnais ne bute sur les épaules". L'objectif est donc que le harnais soit correctement verrouillé pour éviter que la personne ne bouge dans les attractions, voire que le harnais ne lâche. Pour aller plus loin, les concepteurs d'attractions sont soumis à une norme européenne (EN 13814) qui définit les règles de sécurité en matière de fabrication, de fonctionnement et d'inspection des attractions. Cette norme donne aussi les consignes aux constructeurs en matière de données anthropométriques (mensurations du corps humain) et, in fine, la taille maximale, nous explique le responsable.
Walibi n'est pas le seul parc à restreindre l'accès de certaines attractions selon la taille. C'est aussi le cas à Disneyland Paris : "Le maintien du haut du corps doit être suffisant pour se tenir dans une position appropriée dans tout véhicule d'attraction", informe le service communication. Au parc Astérix par contre, les sièges des montagnes russes comme le Toutatis et Oziris, sont plus hauts, mieux adaptés donc aux plus grandes personnes. Ici, l'évaluation est laissée aux opérateurs d'attractions, directement sur place, s'il y a un risque ou non en fonction de la morphologie de la personne.
Morphologie et non poids
Vous vous souvenez peut-être de la mésaventure vécue par Madeleine au parc Astérix : elle s'est vue refuser l'accès à l'attraction Toutatis en raison de sa corpulence. Le personnel n'arrivait pas à fermer le harnais de sécurité de son chariot.
En réalité, il ne s'agit pas d'une question de poids mais de morphologie, pour les mêmes raisons que pour les personnes de grandes tailles. Disneyland Paris dispose déjà, pour la majorité de ses attractions, de sièges adaptés aux personnes de forte corpulence. À Walibi, le Kondaa est équipé de harnais plus adaptés pour permettre à tous les visiteurs (sauf les très grands) d l'attraction. Enfin, pour le cas de Madeleine, le parc Astérix compte demander à son fournisseur de prévoir des chariots plus adaptés aux personnes plus fortes.
En Europe, près de 60 % des adultes sont en surpoids. En Belgique, un belge sur six est considéré comme obèse, un chiffre qui devrait doubler d'ici 2035. Les concepteurs d'attraction devront peut-être revoir leur copie à ce moment-là.