Au lac de Genval, le Chalet Normand retrouve une nouvelle vie: le trio de trentenaires à la tête de "Gustave" nous raconte
Trois jeunes entrepreneurs-investisseurs s'attaquent à un morceau de choix du patrimoine Horeca genvalois : l'ancien Chalet Normand. Baptisé "Gustave", l'établissement compte sur des plats canailles, 200 couverts et des prix contenus pour faire revivre le lieu. "On a la trentaine, beaucoup de potes du même âge. On veut un lieu où tout le monde peut se retrouver !"
- Publié le 25-10-2026 à 18h10
- Mis à jour le 25-10-2026 à 18h13

Il n'y a pas à dire, l'emplacement a de la gueule. S'installer ici, c'est forcément bingo ? Pas si simple. L'adresse n'en est pas à son premier tour de piste. Dans les années 1930, Genval-les-Eaux joue les stations balnéaires chics aux portes de Bruxelles. Un premier établissement, Bodega le Mar-ca-tchou, ouvre le bal avant de devenir le Chalet Normand, institution locale fermée en 2016.
Suivront le Chalet du Lac en 2017, puis BLV Lake en 2022, avec l'ambition d'en faire une adresse festive. Faillite en 2025. Depuis ? Nada. Jusqu'à aujourd'hui. Après de lourds travaux, le lieu change encore de peau. Son nouveau nom, "Gustave", fait référence à Gustave Smets-Mondez, l'homme d'affaires qui a fait creuser le lac artificiel de Genval.
Des travaux à plus d'un million d'euros
Aux commandes de Gustave, trois potes trentenaires : Kevin Calvo (notamment fondateur de La Cave du Lac à Rixensart), Nicolas Cauwe (importateur de vin, ex-Cave du Lac) et Scott Lhoest (entrepreneur). Un trio qui connaît la musique et a déjà plusieurs ouvertures à son actif : Gratin, Fernand, le Petit Bailli à Ixelles ou encore Munch à Saint-Gilles. Investir, concevoir, gérer, assurer le suivi : l'Horeca, ils en connaissent les coulisses. Et les risques.


Lors de notre visite, Gustave est encore en chantier. Et les travaux sont costauds. "C'est Kevin qui a repéré l'établissement vide et nous a parlé du potentiel", raconte Nicolas. Toiture, poutres, cuisine, mobilier : tout y passe. La terrasse, couverte et rétractable, sera chauffée par le sol. Capacité annoncée : 180 couverts à l'année, 200 en été, avec une terrasse supplémentaire devant l'établissement.
Les châssis ont été repeints pour retrouver un petit air de Chalet Normand. Une fontaine devrait même agrémenter le petit étang qui jouxte l'établissement. Budget total : 1,4 million d'euros, dont 450 000 euros de mobilier. Banques, investisseurs privés, famille, amis et fonds propres sont mis à contribution. Autant dire que le trio ne vient pas pour faire de la figuration. Le bail court sur 18 ans.
Des chefs venus du Toucan sur Mer
Dans l'assiette, pas de chichis annoncés. Le chef Cyril Jolivet et son sous-chef Baptiste débarquent du Toucan sur Mer, institution ixelloise fermée en juin 2026. Le nouveau terrain de jeu du binôme ? Une cuisine franco-belge réconfortante et saisonnière : boulets liégeois, vol-au-vent, carbonnades, carne et plats végétariens, et suggestions au fil des saisons. Pas de banc d'écailler, en revanche : "La Brasserie du Lac assure déjà le service, on n'a pas l'intention de lui marcher sur les pieds", précise Nicolas.
Côté addition, l'idée est claire : miser sur le volume (200 couverts) plutôt que sur l'addition qui pique. "On a la trentaine, beaucoup de potes du même âge. On veut un lieu où tout le monde peut se retrouver !", résume Scott. D'abord ouvert tous les soirs, ainsi que les samedis et dimanches midi, Gustave prévoit d'élargir ses horaires à mesure que la machine se rode. L'été, les après-midi du week-end viendront s'ajouter au programme, avant, à terme, un service sept jours sur sept, midi et soir.
Vieille bâtisse qui en impose, jeunes entrepreneurs et grandes ambitions : Gustave largue les amarres le 19 novembre.
