Saint-Josse : À la découverte de son futur métier

TADA invite des professionnels à partager la réalité de leur métier avec des jeunes

H. G.
Photos Bernard Demoulin: L'atelier TADA l'ecole du samedi pour apprendre des metiers aux enfants
Photos Bernard Demoulin: L'atelier TADA l'ecole du samedi pour apprendre des metiers aux enfants © Bernard Demoulin

TADA invite des professionnels à partager la réalité de leur métier avec des jeunes. Passer ses samedis à apprendre un métier, cela peut paraître barbant, pourtant, c'est le choix qu'ont fait Youssef et Siham, pendant trois ans. Tous les deux âgés de 16 ans, ces adolescents ont testé le projet proposé par TADA (Toekomst Atelier de l'Avenir) et ont décidé de partager leur expérience.

"TADA, c'est une école de week-end, interactive, pour les enfants des quartiers difficiles", explique brièvement Sofie, la fondatrice de l'association. Chaque samedi des intervenants sont invités à expliquer leur métier à des enfants. Que ce soit des médecins, des avocats, des journalistes ou encore des plombiers ou des pompiers. Les enfants ont l'occasion de poser des questions, partager et s'immerger dans la réalité en allant découvrir le métier sur le terrain.

En tout, ce sont près de 650 adolescents issus de quartiers défavorisés bruxellois qui seront coachés cette année grâce à l'association. Le but pour 2020 : en avoir soutenu 1.000. Trois antennes sont déjà ouvertes à Saint-Josse, Anderlecht et Molenbeek. Les jeunes visés ? Les adolescents de la 5e primaire à la 2e secondaire. "On travaille sur ce jeune âge pour prévenir des problèmes. À cet âge-là, ils ont une ouverture sur le monde qu'on perd plus tard et toutes les possibilités devant eux", explique Sofie.

Pour Youssef, ces trois années l'ont fait grandir. "J'ai appris beaucoup de choses sur moi-même et sur les différents métiers. J'étais un enfant vraiment très actif et j'ai appris à me calmer et à écouter les autres. Au début, je ne voulais vraiment pas venir ici mais finalement, j'ai commencé à écouter et ça a fini par me plaire. Je me suis rendu compte que tout le monde était là pour nous aider et pas pour nous embêter", se souvient-il. Aujourd'hui, en tant qu'alumni, il revient souvent pour parler avec les nouveaux élèves et partager son expérience qui lui a ouvert les portes du monde du travail. "Maintenant, avant même de faire un travail, je sais déjà ce qu'on attend de moi. Peu importe le job. Et j'ai tout appris ici."

Siham faisait partie des 49 étudiants qui ont suivi la première année scolaire en 2012. Aujourd'hui, elle est bénévole dans l'association et y a même trouvé un job d'étudiant. Son passage chez TADA a été révélateur. "Les jeunes de maintenant ne savent plus trop quoi faire. À partir de 17 ou 18 ans, ils sont bloqués. Moi, pour l'instant, je ne sais pas encore ce que je veux faire plus tard, mais au moins je connais toutes les possibilités qui s'offrent à moi et je me rends compte de ce que c'est."

La fondatrice est attachée à ses anciens élèves. Ils font l'objet d'un suivi quotidien, même lorsqu'ils ont fini les trois années de cours. "On téléphone à la maison, pour voir si ça va. Il y a toujours quelqu'un qui peut passer si le jeune a besoin d'aide dans certains cours", explique-t-elle.

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