Le projet consiste à privilégier les producteurs locaux et de trouver des astuces pour moins gaspiller.

A partir de vendredi, et jusqu'au 28 février, éviter les supermarchés. C'est le défi que vous lance le site suisse écolo En vert et contre tout. L'objectif est triple : vous pousser à (re)découvrir les épiceries de quartier, encourager les commerces indépendants et apprendre à n'acheter que l'essentiel. En bref : consommer moins mais mieux. Ce retour vers des circuits courts ne se considère pas comme un boycott total des grandes-surfaces. "L'idée est que chacun fasse au mieux pour varier les sources d'approvisionnement", explique Leïla Rölli, journaliste et fondatrice du site suisse.

Février sans supermarché, c'est donc avant tout une invitation à repenser sa manière de consommer. Chacun peut ainsi y aller à son rythme. «"l y a des personnes qui essaient simplement d'aller au marché, à la boulangerie pour aider au moins un producteur du coin. » D'autres commencent en douceur et continuent toute l'année de façon graduelle. « Certaines personnes ont réussi à 100%, d'autres ont fait une ou deux exceptions pour des produits comme le papier toilette."

Au départ, le challenge ne touche que des particuliers qui veulent soutenir les petits producteurs. "Et puis un jour, sur un petit groupe Facebook de ma ville, l’idée est venue de le faire entre nous. Je trouvais dommage que ça ne soit limité qu’à une poignée de personnes dans la démarche." En 2017, Leïla Rölli propose donc de l’étendre à toute la Suisse romande.

L'année suivante, plusieurs régions françaises sont incluses et 20 000 personnes participent au projet, en France et en Suisse. Forts de ce succès, les organisateurs remettent donc le couvert cette année, en intégrant pour la première fois Bruxelles. "Cette année, j’ai discuté avec des personnalités belges engagées. J’ai donc demandé si elles étaient partantes pour que la Belgique rejoigne le mouvement et elles ont tout de suite accepté", explique Leïla Rölli.

Pour que la sauce prenne et que les participants forment une réelle communauté, les organisateurs créent des groupes régionaux plutôt que des événements sur Facebook. "Le groupe reste actif toute l'année donc des personnes peuvent se rajouter et les gens peuvent continuer à échanger." Créée il y a quelques jours, la page Bruxelles sans supermarché comprend déjà presque 300 membres. "Ce n'est que le début, j'espère qu'on sera des milliers d'ici à la fin du défi", réagit Jean-Christophe Caron, le créateur de la page.

Pour l'instant, les membres de Bruxelles sans supermarché se partagent surtout les bonnes adresses, par commune. Bees Coop à Schaerbeek, Le bio sauvage à Auderghem, La ferme nos pilifs à Evere, les options sont nombreuses à Bruxelles. Le groupe Facebook leur permettra aussi de s'échanger des recettes et des astuces. Des astuces, Leïla Rölli en a à revendre : "Faire sa propre lessive au lierre, par exemple. C’est gratuit, ça pousse partout et c’est très facile à faire. Et quand c'est possible, remplacer le jetable par du durable, réparer plutôt qu'acheter du neuf."

A Bruxelles, le concept plaît déjà aux petits commerçants : "Beaucoup de challenges sont lancés aux consommateurs (les lundis sans viande, janvier sans alcool, etc.) mais je dois dire que nous trouvons celui-là plus pertinent que les autres." Mélanie Mikiels, la co-fondatrice du BelgoMarkt, à Ixelles, se réjouit de l'importance que prend la consommation locale dans l'esprit des Bruxellois. "Nous avons démarré en 2016 et à l'époque, on ne parlait encore que très peu du local. Depuis, rien que dans notre quartier, 4 ou 5 magasins dits de produits locaux ou bio ont vu le jour."

Jean-Christophe Caron, qui gère aussi le groupe Vivons bien, Vivons Belge, partage ce constat : "Toutes les communes de la capitale bougent de plus en plus, les gens se rendent compte de l'importance que cela a d'aider les producteurs locaux."