Alexandre Pyck est le papa d'un jeune homme arrêté et violenté par la police il y a un an, en marge de la manifestation pacifique contre les violences policières. Ce papa n'avait pas eu la force de lire l'intégralité des vingt témoignages déposés au comité P, c'est désormais chose faite. "Ca m'achève" soupire-t-il, "ces policiers sont violents et racistes, cela a été dit par les jeunes, mais aussi par leurs collègues, certains l'ont écrit à la hiérarchie". Pourtant, les forces de l'ordre qui ont commis ces abus il y a un an sont toujours en service, "au contact des citoyens" insiste Alexandre Pyck. La manifestation de ce samedi aura donc pour but de se faire entendre par la justice, mais aussi par les bourgmestres, chefs de la police. "Nous avions rencontré Philippe Close et Christos Doulkeridis il y a un an, ils nous avaient promis une seconde rencontre, mais on attend toujours", la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V) n'a, quant à elle, jamais donné réponse à la demande de rencontre des victimes. "Quand on est plaignant, on est systématiquement mis à l'écart" explique Alexandre Pyck.

"Même cas de figure qu'il y a un an"

Ce samedi, la manifestation prévoit un temps de parole. Trois jeunes victimes des violences policières du 24 janvier 2021 témoigneront, suivies de deux associations contre les violences policières : le collectif des madrés et "justice pour Sabrina et Wassim". L'avocate de la famille de Mawda, Selima Benkhelifa prendra également la parole. "Un changement ne sera possible qu'avec une action commune, c'est impossible avec une action individuelle" analyse Alexandre Pyck

Un manifestation contre les violences policières un week-end de fin janvier, le scénario donne une impression de déjà-vu. "On est exactement dans le même cas de figure qu'il y a un an" explique Alexandre Pycke. Quant à la peur de voir de nouveaux débordements policiers entâcher l'évènement, le papa ne semble pas trop inquiet. "Ce serait une grossière erreur stratégique, (...) le rapport de force s'est retourné" explique-t-il, notamment grâce à la libération de la parole et l'appui médiatique. 

Le rendez-vous est donné samedi à 14 heures au carrefour de l'Europe. L'organisation attend quelques centaines de personnes.