Projet Uneus : Charles Picqué hué pour sa réponse au collectif des Madrés
L'interpellation a eu lieu hier soir lors du conseil communal.
- Publié le 29-10-2021 à 08h14
- Mis à jour le 29-10-2021 à 19h39

Vives tensions hier soir au conseil communal de Saint-Gilles. Le collectif des Madrés s'était réuni en nombre au pied de l'hôtel de Ville pour interpeller le conseil, et Charles Picqué (PS) en particulier, à propos de l'évaluation du projet-pilote de police nommé Uneus.
Uneus n'est plus
Le doute planait sur l'existence du groupe Uneus et de la brigade "Koban" en particulier. Le maïeur saint-gillois l'a confirmé, le projet-pilote n'existe plus. L'information, ou plutôt le manque d'information quant à ladite dissolution du projet, a provoqué la colère du collectif des Madrés représenté au micro par Latifa Elmcabeni. "Comment ça se fait qu'il n'y ait aucune information officielle à ce sujet ? Où sont les policiers problématiques de la brigade "Koban" aujourd'hui ?" À ce sujet, Charles Picqué a apporté une réponse peu convaincante pour les manifestants : "il y a des policiers qui étaient là, mais qui restent évidemment, mais Uneus a disparu mais qui sont dans la division territoriale, d'autres sont dans une autre division".
Une parole contre une autre
Si l'interpellation s'est clôturée sous les sifflets des manifestants (restés dehors mais qui ont suivi une retransmission en direct), elle n'augurait rien de bon dès les premiers instants. À l'énumération des violences policières pendant l'interpellation, Charles Picqué a répondu avec beaucoup de fermeté, en contestant directement les faits du collectif des Madrés. "Militer contre les abus policiers ne vous exonère pas de chercher la vérité des faits." Bien que le bourgmestre condamne les violences, il a également remis les témoignages des victimes en question, qu'il a exposés comme "souvent contradictoires".
Une période d'évaluation encore très floue
"Concernant l'évaluation, on a lancé un appel d'offres auprès de cinq universités", mais aucune n'y a répondu à l'heure actuelle. La commune va donc devoir élargir cet appel à d'autres universités. C'est un coup dur pour la période d'évaluation qui devrait se clôturer au 31 décembre 2022 selon le cahier des charges. La dissolution d'Uneus, l'absence d'offre et la non-formation du comité d'accompagnement de ce projet vient encore confirmer les craintes que le collectif des Madrés exposait hier à la DH : "Comment évaluer quelque chose qui n'existe plus et sur quelles bases on construit l'avenir de la police à Saint-Gilles ?". Le bourgmestre socialiste a également évoqué l'indépendance du comité d'accompagnement de l'évaluation. Sur les sept personnes le composant, trois seront en lien avec la police, l'ancien ministre-président de la région Bruxelles-Capitale n'a pas évoqué le reste du comité.
En bref, les réponses de Charles Picqué n'ont pas convaincu les manifestants venus ce soir place Van Meenen. Et ils n'ont pas manqué de la faire savoir à travers leurs cris et leurs sifflets qui ont même semé la confusion jusque dans l'enceinte du conseil, de l'autre côté des murs.