Projet Uneus : le collectif des Madrés "veut des actes"
A Saint-Gilles, l'évaluation du projet lancé par la zone de police n'a toujours pas eu lieu…
- Publié le 28-10-2021 à 10h43
- Mis à jour le 28-10-2021 à 10h46

Ce jeudi, le collectif des Madrés (des mamans) portera sa sixième interpellation au conseil communal de Saint-Gilles. Celle-ci portera sur l'évaluation du projet Uneus, un projet pilote de la police de proximité menée par la commune de Saint-Gilles depuis 2012. Au sein de ce projet, la brigade "Koban" était considérée comme problématique par les habitants.
"L'objectif était de créer une police de proximité, une police qui crée du lien", explique Julie Galaski, l'une des mamans à l'origine du collectif des Madrés, les mamans des jeunes. "Malheureusement, la plus grande partie des policiers ne vient pas d'ici et ne connaît pas les réalités du terrain. La proximité est devenue problématique, les policiers connaissaient les jeunes, mais ça ne les empêchait pas de les contrôler trois fois par jour. Au final, cette proximité favorisait même les abus de pouvoir." L'initiatrice du mouvement s'appuie sur le rapport du délégué général aux droits de l'enfant, Bernard Devos, pour appuyer ses propos.
La commune de Saint-Gilles s'était engagée à entamer l'évaluation du projet Uneus en 2017. Seulement voilà, entre-temps, la zone de police Midi a eu un nouveau chef de corps, il y a eu les élections, la pandémie. Pour le collectif des Madrés, il y a probablement "un manque de volonté politique". Trois ans plus tard : juin 2020 marque également un petit coup d'accélérateur dans ce dossier, puisque c'est à ce moment que le conseil communal vote une motion reconnaissant des abus de la part de la police. Du côté du collectif, "on salue cette évolution, mais ce ne sont que des mots, maintenant, il faut des actes".
L'évaluation en question
L'évaluation du projet Uneus serait prévue de janvier à décembre 2022. Mais le collectif des Madrés aimerait savoir sur quoi celle-ci sera basée. "Une de nos sources à la commune nous a dit que le projet Uneus n'existait même plus. Alors, comment évaluer quelque chose qui n'existe plus et sur quelles bases on construit l'avenir de la police à Saint-Gilles ?" demanderont Julie Galaski et le collectif des Madrés, demain, depuis la place van Meenen.
Vient également la question de la transparence. "On considère qu'il n'y a pas assez d'acteurs sociaux dans le comité d'accompagnemen t" prenant part à l'évaluation. L'objectif est, au final, d'installer une meilleure relation entre forces de l'ordre et riverains, en particulier les personnes noires, arabes, les femmes et les sans-abri qui ont été plus exposés aux violences policières, toujours selon Julie Galaski.
"La répression n'est pas une réponse à des problématiques sociales", conclut la membre du collectif des Madrés : "on espère que la commune va prendre ses responsabilités […] et non diviser pour mieux régner."
Réponse ce jeudi soir, bien que le conseil se tienne à distance, de nombreuses personnes (200 lors de la dernière interpellation) pourront assister au conseil depuis la place van Meenen.
S. A.