Un centre de biométhanisation verra le jour à Bruxelles dans les prochaines années
Les sacs orange vont devenir progressivement obligatoires dans l'ensemble de la Région bruxelloise dans les deux prochaines années. La production de déchets organiques va donc augmenter, et c'est là qu'intervient le centre de biométhanisation qui va traiter tous ces déchets.

- Publié le 24-10-2019 à 15h59
- Mis à jour le 24-10-2019 à 17h22

Les sacs orange vont devenir progressivement obligatoires dans l'ensemble de la Région bruxelloise dans les deux prochaines années. La production de déchets organiques va donc augmenter, et c'est là qu'intervient le centre de biométhanisation qui va traiter tous ces déchets.
Le gouvernement bruxellois a présenté ce jeudi plusieurs mesures phares visant à lutter contre le dérèglement climatique. Plusieurs mesures ont dès lors été prises dans toute une série de matières, de l'économie à l'environnement en passant par la mobilité.
En matière de propreté publique, la création d'un centre de biométhanisation en Région bruxelloise est inéluctable. La mesure avait déjà été évoquée sous l'ancienne législature mais la frilosité politique avait eu raison de ce projet.
Mais désormais, le nouveau ministre de la Propreté et de l'Environnement Alain Maron (Ecolo) est catégorique : ce centre verra bien le jour dans les prochaines années. La Région est actuellement en train de chercher un site pouvant accueillir cette activité.
La biométhanisation est un processus qui permet de transformer les déchets organiques en énergie et en compost de qualité qui peut être réutilisé par les agriculteurs. Actuellement, les déchets organiques que l'on met dans les sacs orange et récoltés par Bruxelles Propreté sont acheminés dans une installation de biométhanisation à Ypres (Flandre) et à Liège.
Mais d'ici quelques années, Bruxelles disposera de son propre centre, ce qui permettra notamment de limiter le transport, et de contribuer de facto à l'amélioration de la qualité de l'air.
"Cette nouvelle unité est prévue dans l'accord de majorité. Le dossier a pourri sous la précédente législature (le PS y était opposé, NdlR) et il n'y avait pas de volonté politique d'avancer. Mais désormais, nous avons reparlé de ce point lors de la confection de l'accord de majorité et il y a un consensus politique suffisant pour avancer", explique Alain Maron.
D'ici deux ans, les sacs orange seront obligatoires dans l'ensemble de la Région bruxelloise. Cela veut donc dire qu'on ne pourra plus jeter de déchets organiques dans le sac blanc, et il y aura une obligation de tri comme c'est déjà le cas pour les sacs jaune et bleu. Cette généralisation du sac orange va générer de la production de déchets organiques, et c'est là qu'intervient le centre de biométhanisation qui va traiter tous ces déchets. "Nous allons développer davantage les composts de quartier ainsi que le compostage à domicile lorsque c'est possible, et on ne peut pas continuer à envoyer tous ces déchets à Ypres ou Liège", précise Alain Maron.
Reste l'épineuse question de la localisation. Pareil centre peut dégager des odeurs nauséabondes et la population est peu friande à l'idée de voir un tel centre s'implanter en milieu urbain. Un point que tient à tempérer Alain Maron. "Un centre de biométhanisation n'est pas si imposant que ça. A titre de comparaison, c'est plus petit qu'un incinérateur. Concernant les nuisances olfactives, des données électroniques permettent de surveiller les odeurs qui émanent du site. Si le processus est bien réalisé, il n'y aura pas d'odeurs qui se dégageront."
Ce centre ne verra probablement pas le jour sous cette législature. "Nous sommes en concertation avec des acteurs privés et publics qui ont identifié plusieurs sites intra-muros à Bruxelles. Une fois que la localisation aura été choisie, il y aura encore toute une série de démarches administratives à entreprendre. Ce centre ne verra probablement pas le jour sous cette législature", précise Alain Maron.
Les députés qui siègent en commission environnement du parlement bruxellois se rendront prochainement à Liège pour comprendre précisément le mécanisme d'une unité de biométhanisation afin de le transposer à la Région bruxelloise. A titre informatif, le dispositif liégeois a représenté un montant de 27 millions d'euros. Une étude du cabinet de Fadila Laanan, ancienne secrétaire d'Etat en charge de la Propreté publique, avait estimé que pareil projet pour Bruxelles représenterait la somme de 35 millions d'euros.
