Procès Falzone : "Ce n'est pas un accident, c'est un massacre", lance Me Mayence

L'avocat a confronté Paolo Falzone à une photo. Silence dans la salle.

Civil party lawyer Jean-Philippe Mayence pictured during the trial of P. and A. Falzone, at the Court of Appeal of Mons, on Wednesday 27 May 2026. The trial of the two men concerns the 2022 tragedy in Strepy-Bracquegnies, where a car plowed into a carnival parade around 5:00. Six people died at the scene, and a seventh months later in the hospital. P. Falzone is charged with seven murder and 81 attempted murder. A. Falzone with failure to render aid to a person in danger. The trial is in its fourth week BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK
Jean-Philippe Mayence a plaidé vendredi pour une centaine de parties civiles. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK ©Belgaimage

Vendredi, en début d'après-midi, Me Jean-Philippe Mayence a pris la parole devant la cour pour soutenir sa thèse dans le dossier du drame de Strépy-Bracquegnies. Pour l'avocat, les faits doivent être qualifiés de six meurtres, un assassinat, 81 tentatives de meurtre et une non-assistance à personne en danger.

D'emblée, le pénaliste a égrené les noms des victimes et des parties civiles qu'il représente, avec une pensée particulière pour l'une d'elles, qui s'est suicidée après le drame.

"Ça, Monsieur Falzone, ce sont les gens brisés, traumatisés par votre story", a-t-il lancé à l'accusé. Avant d'ajouter : "J'ai encore trois noms : Laure Gara, Fred Cicero et Fred D'Andrea. Vous ne les avez pas déchiquetés et mutilés, vous les avez tués !"

Aucun doute

Pour Me Mayence, aucun doute n'est permis. "Ce n'est pas un accident." Tout au long de sa plaidoirie, il a évoqué un "massacre", un "tir dans le tas", dénonçant l'attitude de l'accusé depuis le début de la procédure.

"Votre dédain, vos mensonges sont autant de crachats jetés à leur visage, alors qu'ils vous ont donné une leçon d'humanité et de dignité", a-t-il poursuivi.

Procès Falzone : "Vous avez fait de votre véhicule une arme de destruction massive"

L'avocat a également insisté sur l'utilisation du véhicule comme d'une véritable arme. "Comme dans le cadre d'une rébellion armée", a-t-il comparé. "Ici, elle a servi à tuer sept personnes et à en mettre une cinquantaine au sol."

Me Mayence s'est aussi dit marqué par les conséquences du drame sur les intervenants de première ligne. Certains secouristes, a-t-il relevé, ne se sont jamais remis des scènes auxquelles ils ont été confrontés, au point de devoir changer de profession.

Sur le plan technique, le pénaliste estime que l'analyse automobile apporte des certitudes inédites dans ce dossier. Selon lui, les experts ont eu recours à des méthodes révolutionnaires pour un procès pénal en Belgique.

Les mensonges

Enfin, l'avocat est revenu sur ce qu'il considère comme les nombreux mensonges et contradictions de Paolo Falzone tout au long de l'enquête.

"Il a menti sur la vitesse, sur le GSM, sur le gonflement du moteur, sur la visibilité, sur la présence de Salvatore Imperiale", a-t-il énuméré.

Une photographie a alors été projetée à l'audience. Me Mayence a demandé à l'accusé de la regarder.

"Vous avez fait un kilomètre avec cette personne à côté de vous. Vous allez nous soutenir que vous ne l'avez jamais vue ? "

La plaidoirie se poursuit.

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