Procès Falzone : Les débats suspendus jusqu'à mardi en raison du salon de l'érotisme
Après les répliques, la parole sera donnée aux accusés et le jury partira ensuite en délibération pour débattre de la culpabilité des deux hommes.
- Publié le 03-06-2026 à 17h55

Comme annoncé, le procès de Paolo et Antonino Falzone a été temporairement suspendu en raison de l'occupation du Lotto Mons Expo par le salon de l'érotisme. Mercredi, peu après 15 heures, la présidente de la cour a interrompu les débats, qui reprendront mardi à 9 heures.
Cette pause offre aux jurés quelques jours de répit après quatre semaines d'audience particulièrement intenses. Depuis jeudi dernier, ils ont assisté aux plaidoiries des différentes parties, chacune proposant sa propre lecture juridique des événements tragiques survenus le 20 mars 2022, entre la rue des Canadiens et la rue Léon Aubry, à Strépy-Bracquegnies.
Divergences
Les positions demeurent profondément divergentes.
D'un côté, les avocats des parties civiles demandent que Paolo Falzone, au volant de la BMW ayant percuté le cortège des Gilles, soit reconnu coupable de sept meurtres, dont un assassinat, ainsi que de 81 tentatives de meurtre. Une analyse désormais partagée par l'avocat général, qui rejoint les parties civiles sur la circonstance aggravante de préméditation concernant le décès de Frédéric D'Andrea, alors qu'elle ne figurait pas dans son acte d'accusation initial.
À l'opposé, Me Discepoli soutient la qualification d'homicides involontaires par défaut de prévoyance ou de précaution dans le cadre d'un accident de la route, et de coups et blessures involontaires pour les faits liés à l'impact et à la traversée de la foule. Selon lui, Paolo Falzone n'était animé d'aucune intention homicide et aurait été surpris par la présence du cortège carnavalesque. L'avocat s'est montré plus prudent lorsqu'il a abordé l'épisode au cours duquel Frédéric D'Andrea a glissé du capot du véhicule avant de se retrouver sous la voiture. Ce fait constitue pourtant le premier meurtre retenu par le juge d'instruction au cours de l'enquête.
Le même clivage apparaît concernant la prévention de non-assistance à personne en danger reprochée à Antonino Falzone. L'accusation estime qu'il a omis de porter secours à plusieurs dizaines de victimes. Me Fabrice Guttadauria conteste cette analyse. Selon lui, il ne peut être reproché à son client de ne pas avoir assisté des personnes déjà décédées. La défense limite dès lors cette prévention à la scène survenue rue Léon Aubry et à la seule victime encore vivante à bord du véhicule, Fifa Ricotta. L'avocat décrit un homme sidéré par les événements, dont l'unique réaction aurait été de crier "Ho !" à l'approche d'une ambulance circulant rue de Nivelles.
La suite du procès
Mardi, une fois le salon de l'érotisme terminé, les parties disposeront d'un dernier temps de parole pour répondre aux arguments avancés lors des plaidoiries. Ces répliques, limitées à dix ou quinze minutes par intervenant, ne constitueront pas de nouvelles plaidoiries.
La parole sera ensuite donnée aux accusés.
La présidente examinera alors avec le jury le questionnaire de verdict, composé de 322 questions, avant de fournir les dernières explications nécessaires au délibéré. Les jurés seront ensuite conduits dans un hôtel pour délibérer à huis clos. Coupés de toute communication extérieure, ils devront répondre à chacune des questions et motiver leurs décisions. Téléphones portables et montres connectées seront retirés pendant toute la durée des délibérations.

Les trois magistrats professionnels ainsi que le greffier assisteront aux débats, sans toutefois participer aux décisions du jury.
322 questions
Parmi les 322 questions soumises aux jurés, les questions 1, 4, 7, 11, 14, 17 et 20 concernent les chefs de meurtre. La question 8, liée à la question 7 portant sur le décès de Frédéric D'Andrea, porte spécifiquement sur la circonstance aggravante de préméditation.
Une fois le verdict arrêté, la cour devra rédiger son arrêt, qui sera ensuite lu publiquement. La date de cette lecture demeure inconnue et dépendra directement de la durée des délibérations.
En cas de déclaration de culpabilité, une nouvelle phase du procès s'ouvrira. Le premier avocat général et la défense débattront alors de la peine à infliger. Le jury sera appelé à délibérer une seconde fois, cette fois en association avec la cour, qui participera au vote relatif à la sanction.
La lecture de l'arrêt définitif viendra alors clore l'affaire du carnaval endeuillé de Strépy-Bracquegnies sur le plan pénal. Il faudra envisager une autre audience sur le volet civil.
