Bagarre sur la route au Roeulx : Un policier poursuivi pour violences après avoir frappé un homme qui circulait en scooter

Suspendu de ses fonctions, Olivier (prénom d'emprunt) reconnaît les coups, mais affirme avoir voulu protéger sa famille face à un homme en scooter qu'il jugeait menaçant. Le parquet requiert une peine de travail.

La chaussée de Houdeng au Roeulx.
La chaussée de Houdeng au Roeulx. ©GSV

Il est policier depuis six ans et se décrit comme un homme qui n'a jamais fait parler de lui. Pourtant, c'est bien pour des faits de violences qu'Olivier (prénom d'emprunt) comparaissait devant le tribunal correctionnel, mardi matin. Une situation d'autant plus délicate pour lui qu'il est actuellement suspendu de ses fonctions en raison de cette procédure judiciaire.

Les faits remontent au 27 janvier dernier, dans la soirée, rue de Houdeng au Roeulx. Ce soir-là, Olivier conduisait la voiture de sa compagne. À bord se trouvaient également celle-ci et leur bébé de seulement trois mois. "Je roulais à 70 km/h, puis j'ai ralenti à 50", explique le prévenu. Un scooter l'a alors dépassé avant de ralentir progressivement. "Il a ensuite freiné sèchement."

L'altercation

Olivier est sorti de la voiture. Une altercation a éclaté entre les deux hommes. Une intervention policière a été sollicitée à 20h17 pour un accident de roulage avec blessé. À l'arrivée des secours, l'homme en scooter se trouvait au sol, blessé et en état de choc, et était pris en charge par une ambulance.

Deux témoins ont livré une version particulièrement défavorable au policier. Ils affirment notamment avoir vu l'automobiliste donner des coups de pied à la victime, y compris après lui avoir retiré son casque. L'un des témoins assure encore qu'il le frappait tout en l'insultant.

Mais les images versées au dossier permettent aussi de nuancer la scène. Sur une vidéo remise aux enquêteurs par un témoin, on voit notamment l'homme en scooter s'approcher du prévenu. Un échange de coups intervient ensuite et la victime finit au sol.

Olivier avait quitté les lieux. Selon un témoin, il aurait également dégradé le scooter. Il a finalement pu être identifié grâce à la plaque d'immatriculation de la voiture. Les enquêteurs ont alors découvert une particularité pour le moins inattendue : l'automobiliste était policier.

Infraction de niveau 2

À l'audience, le substitut du procureur du Roi n'a d'ailleurs pas manqué de le rappeler à l'ordre. Le magistrat lui a également expliqué que le nouveau Code pénal était entré en vigueur ce lundi 1er septembre et que les faits seraient désormais considérés comme une infraction de niveau 2. Mais, pour déterminer la peine, le tribunal devra appliquer l'ancien Code pénal, plus favorable au prévenu.

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Pour le parquet, les violences sont établies par les déclarations des témoins, les images vidéo mais aussi par les contradictions relevées entre les versions données par Olivier et sa compagne. Une peine de travail a été requise.

État de nécessité

La défense demande, elle, l'acquittement en invoquant l'état de nécessité. L'avocat critique notamment les témoins, qui "n'ont vu que la fin de la scène".

"Pourquoi mon client, qui est un excellent policier depuis six ans, aurait-il décidé, sans raison, de s'en prendre à cet homme ?", s'interroge la défense. Selon elle, c'est au contraire le conducteur du scooter qui aurait provoqué la situation.

"Il a adopté une attitude proche de l'entrave méchante à la circulation et voulait en découdre avec mon client. Il s'est avancé vers lui de manière menaçante. Mon client a alors ressenti un danger imminent et légitime."

Olivier maintient cette version. Il assure qu'il souhaitait simplement rentrer chez lui et qu'il a surtout voulu protéger sa compagne et leur bébé face à "ce gaillard imposant et agressif".

Suspendu de ses fonctions, le policier a par ailleurs été invité par le collège de police de sa zone de travail à présenter sa démission. Une proposition qu'il a refusée. Son avocat entend désormais obtenir sa réhabilitation à travers la procédure judiciaire.

Le tribunal rendra son jugement à la fin du mois.

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