Manonolita, streameuse carolo aux 100 000 abonnés, sera dans "Offline" pour raconter sa vie d'influenceuse, les harcèlements subis et "son" Charleroi
Une émission d'une vingtaine de minutes à découvrir sur Pickx + (Proximus) le 4 octobre. On en a profité pour parler à Manon, 23 ans – alias Manonolita sur Twitch, Instagram et X.

- Publié le 29-09-2023 à 15h56

Manon – alias Manonolita – a 23 ans, elle est de la région de Charleroi et c'est une "influenceuse" sur les réseaux sociaux, principalement autour du jeu vidéo.
Sur Instagram, d'abord, où elle propose à ses 106 000 followers des recettes de cuisine, son regard sur des conventions "geek" au sens large, des commentaires sur des jeux vidéo ou encore du contenu "lifestyle" (mode, produits, etc.). Sur Twitch ensuite, ce qui occupe principalement son temps, où elle est "streameuse jeu vidéo" pour ses 42 000 followers. Sur X enfin, où 35 000 personnes suivent ses tweets et son actualité.

Le 4 octobre, elle sera l'invitée de Shauna Dewit dans Offline, l'émission de Pickx + (Proximus) qui s'intéresse à la vie des influenceurs. On lui a parlé pour l'occasion.
Manonolita, c'est quoi ton boulot ?
"Je streame du jeu vidéo sur Twitch principalement, mais aussi ce qu'on appelle du "just chatting" pour parler tout et de rien, créer des débats, etc. Je propose aussi du live-cooking en cuisine. Je suis aussi souvent à des conventions, comme la Gameforce ou la Made In Asia, où je poste des vlogs sur Instagram, et je travaille sur des reels autour de la cuisine en plus de mes contenus autour de la mode et du lifestyle."
Une journée type, pour une influenceuse, ça ressemble à quoi ?
"En général, je suis en live 8 heures par jour. Je me lève à 8 h 30 pour bosser sur des projets futurs, participer à des réunions ou discuter avec les sponsors, puis je streame toute la journée, et le soir je m'attelle à écrire mes contenus, penser à quoi faire ensuite, que proposer à ma communauté. C'est un rythme très soutenu, je travaille souvent le week-end aussi, mais c'est nécessaire : je n'en suis pas encore au point où je peux facilement m'arrêter quelques jours ou avoir une équipe de professionnels qui peuvent m'aider. Parce qu'un Live Twitch, pour la communauté, c'est un peu comme aller au café du coin : on retrouve des gens avec qui on s'entend sur le chat, on vient voir une créatrice de contenus qu'on apprécie, etc. Et les algorithmes ne pardonnent pas, arrêter quelque temps, c'est quasiment devoir reprendre à zéro."
Pas d'autre travail "alimentaire" sur le côté, du coup ?
"Non ! Je vis de ça. En fait, quand j'ai eu mon CESS (fin de secondaire, NdlR), j'ai hésité entre plusieurs études à suivre dans le supérieur. Il y avait tellement de choses qui me passionnaient. J'ai tellement hésité, que j'ai décidé de prendre une année sabbatique pour y réfléchir, et faire des contenus sur Twitch puisque ça commençait un peu à fonctionner. Finalement, j'ai travaillé avec Child Focus sur ce temps-là, puis j'ai eu une proposition de la RTBF pour participer à la création de capsules vidéos informatives pour ados… et je n'ai finalement pas repris mes études."
C'est quoi la suite, pour toi ?
"J'aimerais me diversifier en travaillant pour un média, en télé, en radio, etc. Mon objectif ça serait d'avoir une émission, une équipe. Je suis seule pour l'instant – enfin, j'ai une super équipe de modérateurs bénévoles qui m'aident sur Twitch – mais je dois faire tous les montages, les décors et la création de contenus seule."

Et tu seras dans l'émission Offline la semaine prochaine. À quoi on peut s'attendre ?
"Le tournage était super cool ! Et Shauna m'a tout de suite mis en confiance. J'ai hâte de découvrir l'épisode, parce que l'émission arrive à parler de nos univers de manière décomplexée, et d'aborder des thématiques parfois difficiles de manière fluide et bienveillante. On a tourné chez Carolo Cats pour parler de mon parcours de streameuse – j'ai été famille d'accueil pour chats pendant quelques années, j'en ai toujours eu quand j'étais petite, et encore aujourd'hui mes chats sont les mascottes de ma chaîne Twitch. Parfois les gens me demandent plus comment vont mes chats que comment moi je vais (rires). Pour l'émission, on est ensuite allées au Quai 10, à côté de Rive Gauche, parce qu'il y a du jeu vidéo et des stages de gaming, ça reliait vraiment mon univers. Puis on se rend dans les bureaux de Child Focus à Bruxelles, où je suis ambassadrice depuis 5 ans, pour expliquer mon rôle, le rôle de l'association, mais aussi l'investissement de personnalités publiques dans des bonnes causes."
Il y a deux ans, tu avais fait les gros titres après avoir subi du harcèlement violent, des appels aux viols, des menaces. Tu étais d'ailleurs dans le documentaire "Sale pute". La situation s'est améliorée depuis ?
"Ça s'est calmé, on peut dire ça. Et puis je me suis habituée, même si c'est terrible à dire. On parle d'ailleurs dans l'émission de l'envers du décor, des risques du métier."
Les politiques s'étaient emparés de ton hashtag sur les réseaux sociaux pour te défendre, ça a aidé ?
"Absolument pas. Certains politiques m'ont contacté ou m'ont parlé en ligne, au moment où ça faisait le buzz. Et ensuite plus rien n'a bougé et personne n'a rien fait. Des dernières nouvelles judiciaires que j'ai eues, mon dossier sera certainement classé sans suite. Je pense que ce que je subissais s'est calmé parce que mes harceleurs se sont lassés, pas grâce à la justice ni l'emballement politique sur les réseaux sociaux…"