Ils menaçaient de "faire péter Bruxelles": peine de travail pour les deux Carolos... qui essayaient d'impressionner des jeunes femmes
Mathieu et Robin ont voulu faire les caïds sur des vidéos au lendemain de l'attaque terroriste à Bruxelles, peu avant le match de football Belgique-Suède.
- Publié le 10-12-2025 à 18h00

Le 16 octobre 2023, un terroriste, armé d'une arme de guerre, tue deux supporters suédois en pleine rue, non loin de la place Sainctelette à Bruxelles, peu après 19h. Une heure plus tard, la Belgique doit affronter la Suède, au stade Roi Baudouin, dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2024. Une seule mi-temps se disputera sur le terrain. Durant la nuit, le terroriste, auteur de l'attaque sanglante, armé et en fuite, est activement recherché dans Bruxelles.
Un savon passé aux deux prévenus
Le lendemain matin, l'assaillant est retrouvé par la police et abattu. Le jour même, deux jeunes filles se présentent à la police. Ces dernières ont échangé, par vidéos, avec Robin et Mathieu, deux jeunes carolos déjà connus de la justice. Sur ces vidéos, ces derniers ont lâché aux jeunes filles "que ça allait péter à Bruxelles, parce qu'ils ont tué notre frère". Mathieu a également exhibé une arme. Loin d'être malin, vu le contexte. Fort logiquement, compte tenu du contexte, l'affaire est prise au sérieux au parquet fédéral. Une enquête minutieuse est menée par la police et conduit à l'identification des deux suspects.
Au moment de commenter l'attitude des deux prévenus, la magistrate fédérale Laduron avait fait passer un mauvais quart d'heure à Mathieu et Robin. "Nous étions dans la crainte de représailles de l'État islamique, puisque le terroriste a été abattu. Ce sont deux jeunes idiots. Le risque, avec ce genre de comportement, est que la police pense qu'il s'agit d'une idiotie de plus, et on aura un réel attentat. À force de crier au loup, le loup finit par manger quelqu'un, parce qu'on ne le croit pas. Il faut sanctionner les plaisanteries de mauvais goût", souhaitait la magistrate.
Une peine de travail octroyée
Ces derniers, poursuivis pour fausses informations verbales et pour port d'une arme, qui était en réalité un jouet, sont en aveu des faits. Mathieu et Robin avaient exprimé de profonds regrets, tout en jurant n'avoir jamais voulu passer à l'acte. De l'aveu de Mathieu, les deux amis avaient, au moment des faits, beaucoup bu et se sentaient "sous pression" après avoir brisé leur bracelet électronique.
Pour ce type d'infraction, le Code pénal prévoit une peine de prison allant de trois mois à deux ans. Dix mois de prison étaient requis contre les deux amis, bien connus de la justice et qui étaient censés ne pas se fréquenter, dans le cadre de mesures alternatives. Mathieu et Robin ont finalement obtenu une faveur de la justice carolo pour leur blague de très mauvais goût. Ces derniers devront effectuer une peine de travail de 200 heures. En cas de non-exécution, une peine de douze mois de prison attend les amis.