Rénover un centre-ville médiéval historique : faut-il de vrais pavés ou des imitations en résine à Thuin?
Pour la rénovation de la N59 dans le centre ancien de Thuin, le SPW a choisi des pavés en résine, une imitation de pavés. Est-ce la bonne solution ? Le sujet a été discuté au parlement wallon.

- Publié le 18-06-2025 à 18h02
- Mis à jour le 18-06-2025 à 18h06

Entre le beffroi classé à l'Unesco et les jardins suspendus, le cœur historique de Thuin est traversé par une route régionale, la N59, qui comporte un revêtement en pavés. C'est un maillon essentiel de la mobilité, le seul axe direct accessible à la circulation automobile pour passer de la ville basse à la ville haute.
Député de Thuin et ancien membre du collège communal, Vincent Crampont vient d'interroger le ministre wallon des Infrastructures et de la Mobilité sur la rénovation de cette voirie entre la place Albert Ier et la rue Léopold II, un tronçon dans un état pitoyable, déformé par les nids-de-poule, qui décrit un S autour de l'institut du Sacré-Cœur. Ce projet est aux urgences. "L'ancien bourgmestre Paul Furlan l'avait déjà priorisé voici huit ans", rappelle le député.
L'Agence du patrimoine remet un "avis de prudence" : il ne faudrait pas perdre le classement Unesco du Beffroi
Selon le ministre Desquesnes, "une demande de permis a été introduite par le SPW pour remplacer les pavés en pierre naturelle par des imitations en résine, posées sur une structure en hydrocarboné. Cette solution, déjà utilisée avec succès dans le virage de la rue Pierre Mengal, est proposée en raison du trafic observé sur la N59 et de la configuration des lieux, qui ne permettent pas de garantir la durabilité structurelle d'une voirie en pavés traditionnels."
Mais voilà : nous ne sommes pas n'importe où. La zone du centre ancien est un périmètre Unesco, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'agence wallonne du Patrimoine (AWaP) a remis un avis de prudence à propos de la demande du SPW. L'enjeu est majeur : le beffroi pourrait perdre son classement Unesco. Quant à l'efficacité de la technique, le député de Thuin est perplexe : là où des pavés en résine ont été installés (dans la rue Pierre Mengal), les détériorations sont rapidement apparues, ce qui pourrait porter préjudice à l'image du quartier et plus largement à celle de la ville.
La bonne nouvelle, c'est que les moyens de financement sont au budget : le projet représente un investissement de 1,1 million d'euros, confirme le ministre. "D'un point de vue planning, la technique des pavés collés sur tarmac permettrait de limiter la fermeture de la voirie à approximativement trois semaines, contre une durée bien plus longue pour une structure en pavés classiques. Les travaux pourraient être réalisés par phases, notamment durant les congés scolaires", conclut François Desquesnes.