La fête nationale a été célébrée à la synagogue d'Arlon : "La dignité humaine comme vérité universelle et fondement de notre unité"
Pour la seconde fois, les célébrations du 21 juillet ont eu lieu à la synagogue d'Arlon avant le palais provincial.
- Publié le 22-07-2026 à 08h13
- Mis à jour le 22-07-2026 à 09h04

Ce mardi 21 juillet, la synagogue d'Arlon comble pour la circonstance accueillait tous les intervenants des différents cultes et la laïcité pour la cérémonie interconvictionnelle à l'occasion de la fête nationale. Le thème désigné retenu cette année était: "La dignité humaine comme vérité universelle et fondement de notre unité". Un accueil par Mordechai Klein et Roland Hayum de la communauté juive.
Pour le doyen Pascal Roger: "La foi chrétienne apporte une réponse claire dont elle n'a pas le monopole: la dignité de la personne humaine ne dépend pas de ce qu'elle possède, de ce qu'elle accomplit ou de ce qu'elle représente. Dans une société où la valeur d'une personne est parfois mesurée à sa réussite, à son efficacité ou à sa productivité, l'Évangile nous rappelle une vérité essentielle: nous avons de la valeur non pour ce que nous faisons, mais pour ce que nous sommes."
Pascal Roger a aussi insisté sur le fait que reconnaître cette dignité ne suffisait pas, il fallait aussi la traduire en actes, y compris dans les décisions politiques.
"Chaque fois que nous accueillons une personne avec respect, que nous refusons les discriminations, que nous défendons les plus vulnérables ou que nous tendons la main à celui qui souffre, nous incarnons cette vérité. Cette conviction change notre manière de vivre. Elle nous pousse à accueillir plutôt qu'à exclure, à construire des ponts plutôt que des murs. La dignité humaine ne se démontre pas, elle se reconnaît. Et lorsque nous reconnaissons la dignité de l'autre, nous découvrons que ce qui nous unit est infiniment plus grand que ce qui nous sépare."
Nos différences ne sont plus des murs
Le représentant de la religion musulmane: "Nous pouvons nous demander ce qui fait véritablement tenir une nation… La conviction que chaque personne compte, que nul n'est de trop, et que le bien commun grandit chaque fois que la dignité d'un seul être humain est protégée. Alors nos différences ne sont plus des murs. Elles deviennent des fenêtres ouvertes sur une humanité plus vaste que chacun de nous."
Vincent Thomas, directeur du Centre d'Action Laïque: "Certaines vérités ne s'imposent pas par la force de l'argument. Elles s'imposent par l'évidence du cœur. La dignité humaine est de celles-là. Nous avons cette chance de vivre dans un pays où, oui, la dignité peut être une vérité universelle et peut fonder notre unité. C'est à nous et nos élus de maintenir cette chance, cette possibilité, et même de la faire grandir."
"La réponse doit être collective", estime le gouverneur
Dans son allocution dans les jardins du palais, le gouverneur Olivier Schmitz a insisté sur le fait qu'une vague de chaleur n'a pas les mêmes conséquences pour une personne âgée isolée, un travailleur exposé, une personne malade ou une famille vivant dans un logement mal isolé.
Il a aussi rappelé que cinq ans après les inondations de 2021, une évidence s'impose: "aucune institution ne peut faire face seule à une crise majeure. La réponse doit être collective, fondée sur la coopération entre autorités, services de secours, communes, associations, entreprises et citoyens"
Olivier Schmitz n'a pas parlé d'un optimisme naïf, qui consisterait à nier les risques ou à croire que les difficultés se résoudront toutes seules.
"Nous devons regarder la réalité en face. Mais nous n'avons pas besoin de catastrophisme pour être lucides. Et nous n'avons pas davantage besoin de fatalisme pour être réalistes. J'ai confiance dans la capacité humaine à apprendre, à inventer, à s'adapter et à se mobiliser. Je l'ai constaté sur le terrain, dans les crises que nous avons traversées."
Olivier Schmitz a insisté sur le fait que lorsque tout semble se dérégler, des femmes et des hommes se lèvent. "Ils prennent leurs responsabilités. Ils portent secours. Ils ouvrent une porte. Ils trouvent une solution que personne n'avait prévue. Ils restent à leur poste. Ils prennent soin de quelqu'un qu'ils ne connaissaient pas la veille."
Les beaux habitants sont là…
Ce sont celles et ceux qui soignent, qui secourent, qui protègent, qui enseignent, qui accueillent, qui servent l'intérêt général, qui prennent soin d'un voisin ou qui refusent de répondre au mépris par le mépris. Ils ne font pas toujours beaucoup de bruit.
Ils sont plus nombreux que l'actualité ne nous le laisse parfois croire.
Olivier Schmitz a insisté: "Notre responsabilité est de les voir, de les soutenir et, chaque fois que nous le pouvons, de marcher à leurs côtés."
Le gouverneur a conclu en disant que nous sommes dans un pays où, malgré les défis, il fait bon vivre. "Un pays où nous avons la chance de pouvoir construire nos vies dans la paix, la sécurité et la solidarité."