Citoyens, aidez à définir à quoi ressemblera la commune de Vaux-sur-Sûre en 2050 : "Nous avons besoin de vous pour affiner notre connaissance du territoire"
Dans le cadre du Schéma de développement local, les citoyens de la commune de Vaux-sur-Sûre sont invités à répondre à un questionnaire. Une première réunion a eu lieu au Vauxhall avec les citoyens ce mardi 13 octobre 2026 alors que la question d'une ou de plusieurs centralités se pose. Les riverains ont pu exprimé leurs inquiétudes
- Publié le 20-10-2026 à 07h48

Le futur (urbanistique), c'est maintenant que cela se décide ! Dans son nouveau Schéma de développement territorial, la Région wallonne prévoit que la ou les centralités(s) définie(s) pour chaque commune accueille(nt) 75% des nouveaux logements d'ici 2050. Pour la commune valsuroise, une seule centralité a été retenue par la Région, le village de Vaux-sur-Sûre. Une proposition qui n'a pas forcément convaincu le conseil communal qui a décidé, comme la loi le prévoit, de lancer son Schéma de développement communal (SDC) voici quelques mois. Ce SDC fixant les grandes orientations pour l'aménagement de l'ensemble du territoire.
"Besoin de compléter"
Parmi le long processus de ce SDC, qui devrait être terminé en 2029 alors que l'échéance est fixée à 2030 par la Région, une nouvelle étape va être lancée, a-t-on appris lors de la réunion citoyenne qui s'est tenue mardi dernier au Vauxhall. Et elle fait appel aux citoyens de la commune valsuroise."Nous avons réalisé un diagnostic du territoire, mais nous avons besoin des citoyens pour l'affiner et le compléter de manière la plus détaillée possible, explique Diana Matala, architecte urbanistique au bureau Agora, chargé de réaliser ce SDC. Cela nous permettra, entre autres, de connaître plus précisément les zones inondables, les points de vue et d'autres zones qu'il faut protéger. Car ce Schéma définira où il est préférable de construire, à quelle densité, mais aussi les zones à conserver. Il est aussi question des améliorations à amener pour les espaces publics, les services, etc."
Pour ce faire, un questionnaire comprenant 70 questions touchant à l'ensemble des thématiques sera envoyé aux citoyens. "Il sera aussi possible de le compléter sur internet via le site web de la Commune, cela permet d'avoir plus de place, avec la possibilité de pointer les endroits sur une carte, détaille à représentante du bureau Agora. Et, rassurez-vous, il ne faut pas forcément répondre à toutes les questions. Notre but est avant tout d'enrichir qualitativement notre analyse." L'opération sera lancée en novembre, avec une échéance fixée aux fêtes de fin d'année, "pour laisser quelques semaines aux gens, qu'ils puissent prendre le temps".
Si vous le désirez, le rapport réalisé par le bureau Agora de quelque 250 pages sera également accessible sur le site de la Commune. Ce document reprend le diagnostic du territoire, qui a donc été présenté mardi soir devant une bonne soixantaine de personnes. Urbanisme, environnement, mobilité, services, etc. ; tout y passe.
L'on y apprend, parmi bien d'autres choses, que 5,6% du territoire est destiné à l'urbanisme et que la perspective de 2050 prévoit entre 1000 et 2000 habitants supplémentaires, "mais ces prévisions changent souvent", précise Diana Matala. Au niveau de la mobilité, où le concept de "ville et village à 10 minutes" doit servir de guide, sa collègue Katia Van Erp note "une N85 qui présente de l'insécurité pour la mobilité douce, avec très peu de trottoirs, et peu d'aménagements pour les vélos. Dans ce Schéma, il faut aussi penser en termes d'intermodalité." Ce rapport reprend donc aussi les contraintes naturelles, que le questionnaire permettra, comme pour les autres domaines, de détailler.
Sibret, 2e centralité ?
"Une fois que nous aurons toutes les données, l'objectif sera de voir s'il est réalisable que le village de Vaux-sur-Sûre soit la seule centralité ou s'il en faut une deuxième ou une troisième, commente Diana Matala. Au niveau des services déjà disponibles, Sibret sort comme une évidence par exemple, mais c'est à confirmer." Dès juillet 2023, lors du vote sur le SDT, faire de Sibret une deuxième centralité était d'ailleurs l'option espérée par Yves Besseling et son équipe. Un an et demi plus tard, "cela fait toujours partie de la réflexion, souffle Olivier Leyder, échevin de l'urbanisme. Avoir Vaux-sur-Sûre comme seule centralité nous semble compliqué. Mais nous verrons les retours pour choisir la meilleure option."
La suite, une fois le diagnostic complet réalisé, passera par un plan de développement stratégique, suivi d'une étude d'incidence environnementale et puis d'un projet final qui sera soumis à l'enquête publique avant d'être voté au conseil communal et d'être soumis à l'accord du ministre responsable.
Les (nombreuses) craintes des citoyens
Plusieurs riverains ont exprimé leurs inquiétudes de voir des centralités favorisées et les autres villages délaissés.
Dans le public, plusieurs sont inquiets des conséquences d'avoir 75% des nouveaux logements dans un ou deux villages choisis comme centralités. Comme savoir ce que vont devenir les autres villages, qui ne pourront accueillir que les 25% restants, avec le risque de recevoir moins d'investissements que les centralités, où les services seront développés en priorité."Nous continuerons à intervenir dans ces villages comme c'est le cas actuellement, même s'il faudra sans doute jongler différemment car la Région aura sûrement une vision de ses subsides pour ces 75/25, intervient le mayeur Yves Besseling. "Le but n'est pas de ne plus construire dans ces villages, cela se fera toujours, assure, ensuite, Diana Matala. Mais la densité y sera moindre." De quoi craindre de voir des bâtiments plus hauts qu'actuellement pousser dans les centralités et perdre son identité rurale ?"Ici, nous restons sur une densité rurale, donc de 20 logements à l'hectare dans la centralité, contre 5 à 10 en dehors, répond-elle. Il n'y aura donc pas de bâtiment à cinq niveaux comme en ville, le caractère villageois restera."
Quid également des permis de bâtir dans ce cadre, pour respecter l'équilibre fixé ? "Il n'y aura pas de quota, explique Diana Matala. Cela sera surveillé par la Région en termes de bassin de vie, pas commune par commune, mais chacune doit y veiller."
Agrandir Vaux-sur-Sûre ?
Enfin, en cas de scénario d'une seule centralité, un citoyen se demande si un agrandissement de la zone constructible du village de Vaux-sur-Sûre est une possibilité. "Oui, c'est une des pistes, éclaire-t-elle. Nous devrons définir si augmenter la surface est suffisant et possible ou s'il faut y ajouter Sibret ou autre."
Tous sont en tout cas repartis d'accord sur un point, entendu de la bouche de plusieurs personnes: "Il faudrait déjà que la Région ait des fonds pour tout cela, ce qui ne semble pas le cas actuellement".
Mais ça, c'est une autre histoire sur laquelle les Valsurois n'ont aucune emprise, contrairement à leur SDC.