Pour mieux contrer les feux de forêts, des mesures coordonnées entre la Province, la Zone de secours ou encore le DNF et le volontariat : "L'été 2026 confirme que cela a du sens" - Clone
Suite aux nombreux incendies qui ont touché les milieux naturels lors de cet été 2026, la Province de Luxembourg, le cabinet du gouverneur et la zone de secours veulent proposer des démarches uniformisées pour lutter contre les feux.
- Publié le 23-10-2026 à 10h23

Si les incendies dans les Fagnes ont marqué les esprits, cela n'a pas fait oublier que notre province a également été touchée avec près de 500 interventions en milieu naturel durant les huit premiers mois de l'année (pour 360 en 2025). "C'est une situation catastrophique parce que la zone de secours doit également poursuivre ses services habituels auprès de la population, se désole le commandant Thiry. Il faut dès lors mettre en place des mesures coordonnées qui pourraient porter leurs fruits. L'été 2026 confirme que cela a du sens."
Dans ce cadre, des investissements sont programmés au niveau du matériel et de la formation. La zone a également la volonté de développer un projet de recherche des causes et des circonstances des incendies en y associant les pompiers, la police et le DNF. "L'objectif est de disposer d'une connaissance plus précise des circonstances des départs de feu afin d'adapter les actions de prévention", explique Stéphane Thiry, qui annonce également que la zone participe encore à deux projets: la collaboration avec le monde agricole et le développement de la cartographie OPEN DFCI. Des outils qui ont été identifiés au vu des expériences de cette année.
Coordonner le volontariat
Les autorités veulent également mener une coordination au niveau des appuis des volontaires. "On a voulu s'y prendre assez tôt pour coordonner les actions et éviter des initiatives locales qui pourraient perturber des projets à visée supracommunale ou pour les rendre plus performantes", poursuit le gouverneur Olivier Schmitz.
Dans ce cadre, des conventions ont déjà été conclues avec différents secteurs et organisations afin d'identifier en amont les ressources (services-clubs, chambre du commerce, associations.) et les capacités susceptibles d'être mobilisées en cas d'urgence dans le cadre du projet Lux response. C'est dans cette même optique que des partenariats vont être conclus avec les agriculteurs. "Une réunion a déjà eu lieu en septembre et nous poursuivrons en hiver", annonce la députée Coralie Bonnet.
Une analyse territoriale plus affinée
La Province va également lancer une étude qui devrait permettre de construire une analyse territoriale intégrant la probabilité d'occurrence et de propagation d'un incendie. Pour ce faire, il convient de croiser un ensemble de critères (caractéristiques de la végétation, sécheresse et vulnérabilité hydrique des sols, topographie, ressources en eau, l'accessibilité)."Il convient aussi de prendre en compte les conséquences humaines comme la présence de campings ou de mouvements de jeunesse", poursuit le gouverneur.
La volonté est également de poursuivre le travail de cartographie des pompiers en l'enrichissant par des données venues du DNF, des Communes et des Parcs naturels pour disposer d'un outil commun et éviter les investissements redondants. Harmoniser les règlements de police communaux dans le domaine de la prévention aux incendies figure aussi dans les projets.
Un ensemble d'actions où la province de Luxembourg se veut précurseure tout en restant dans la dynamique de la Région.
Une communication via les influenceurs: "Cela semble porté ses fruits"
Pour faire passer des messages efficaces sur la prévention des incendies, les services du gouverneur se sont appuyés sur des influenceurs (parlant de sports, de randonnées, de tourisme) qui ont diffusé des messages à travers leurs vidéos. "Cela semble porté ses fruits, car les messages onttrouvé leur public et les influenceurs ont vu des hausses dans leurs vues", explique Xavier Derenne. Un forum interdisciplinaire est également programmé le 23 novembre avec l'ULiège (Arlon), tout comme un quiz en ligne pour connaître la vision et les connaissances des citoyens par rapport aux feux de forêt. "On a déjà eu un millier de réponses, poursuit Xavier Derenne. Nous pourrons ensuite adapter les stratégies de communication."