Tensions à Saint-Hubert : la tripartite stoppe la séance du conseil communal avant sa fin!
La deuxième modification budgétaire a cristallisé les tensions d'un conseil communal qui n'a pas été à son terme. A Saint-Hubert, la tripartite qui n'a plus la majorité a interrompu le conseil et quitté la séance. Retour sur une soirée mouvementée.
- Publié le 23-10-2026 à 18h34

Le conseil communal de Saint-Hubert a été interrompu ce jeudi soir après plusieurs échanges tendus autour de la deuxième modification budgétaire.
La séance avait débuté par une présentation consacrée aux futures interventions communales dans le financement de la zone de police. Les débats se sont ensuite concentrés sur les ajustements budgétaires, pour lesquels l'opposition a relevé plusieurs erreurs et demandé des précisions sur différents postes. Parmi les dossiers évoqués figuraient notamment la cité administrative, inoccupée depuis deux ans, ainsi que des marchés publics concernant des infrastructures sportives. Après une suspension de séance demandée par le groupe CAP, la modification budgétaire a été rejetée par CAP et le conseiller indépendant Pierre-Alexis Roland. L'opposition étant majoritaire à Saint-Hubert, le point est donc rejeté.
Le conseil s'est ensuite penché sur la composition de la Commission consultative communale d'aménagement du territoire et de mobilité (CCATM). Anne Henneaux a notamment questionné le collège sur des candidatures datant de début 2025 et sur les vérifications effectuées auprès des personnes concernées.
Deux points de l'opposition reportés
La suite de la séance a été marquée par une nouvelle suspension, avant que le bourgmestre Didier Neuvens et les membres de la tripartite ne quittent la réunion, annonçant la fin des travaux.
Deux points proposés par l'opposition n'ont ainsi pas pu être examinés. Ils portaient sur le retrait de délégations accordées au collège communal, respectivement en matière de transactions immobilières et de gestion du personnel, notamment pour les recrutements et les licenciements.
Ces propositions interviennent alors que la tripartite ne dispose plus d'une majorité au sein du conseil communal. L'interruption laisse donc plusieurs dossiers en suspens, sans qu'une date de reprise des débats soit connue à ce stade. Une nouvelle convocation du conseil pourrait être mise en place prochainement afin de permettre l'examen des points restés à l'ordre du jour.
CAP dénonce une majorité qui refuse le débat

Après l'interruption du conseil communal de Saint-Hubert, le groupe CAP dénonce un manque de dialogue et de respect envers l'opposition. Au lendemain de cette soirée mouvementé, le groupe CAP de Saint-Hubert dénonce, dans un communiqué de presse, un manque de dialogue et de considération envers les élus de la minorité. Le groupe revient notamment sur le rejet de la deuxième modification budgétaire, après avoir relevé plusieurs erreurs dans les documents soumis au vote. Selon CAP, cette modification concernait uniquement des diminutions de budgets prévues et n'avait donc pas d'impact sur les projets communaux. La minorité souligne que c'est après une ultime remarque concernant la composition de la CCATM que la séance a été stoppée par la tripartite. Dans son communiqué, elle cite une déclaration du bourgmestre Didier Neuvens, qui aurait affirmé quelques instants avant l'interruption: "On verra si on continue jusqu'au bout, selon mon humeur".
Contacté, Pierre Henneaux confie avoir passé une mauvaise nuit à la suite de ces événements. Il explique avoir rempli le rôle de la minorité en posant des questions et en signalant les erreurs constatées dans les dossiers, mais regrette que ses remarques ne soient pas prises en compte par la tripartite. "Si on ne veut pas nous entendre, c'est très compliqué", déplore-t-il. Le conseiller met également en cause la préparation de la commission budgétaire organisée en amont du conseil communal. Selon lui, celle-ci ne s'est pas déroulée dans les règles de l'art, alors qu'un examen préalable plus approfondi aurait sans doute permis d'éviter les difficultés rencontrées en séance.
Dans son communiqué, CAP estime que le débat démocratique suppose que les questions des conseillers et les propositions de l'opposition puissent être discutées dans le respect des institutions. Le groupe réaffirme ainsi sa volonté de défendre une gestion communale plus transparente, responsable et démocratique.
Didier Neuvens : "Il ne s'agissait pas d'empêcher l'opposition de s'exprimer"

Au lendemain de l'interruption du conseil communal de Saint-Hubert, le bourgmestre Didier Neuvens souhaite apporter sa version des faits et clarifier les raisons qui ont conduit à l'arrêt de la séance. Il revient notamment sur la deuxième modification budgétaire, rejetée par CAP et le conseiller indépendant. "Les questions de l'opposition sont légitimes et plusieurs ont reçu une réponse en séance, explique-t-il. Certaines remarques ont également permis d'identifier des éléments nécessitant une vérification ou une correction. Pour autant, il est inexact d'affirmer que le rejet de cette modification budgétaire est sans conséquence.Cette modification visait notamment à adapter les crédits aux dépenses réellement attendues, à intégrer les évolutions salariales et énergétiques et à ajuster les moyens consacrés aux différents projets. Le rejet implique désormais de reprendre ce travail afin de limiter les conséquences de cette décision. Je regrette que l'opposition n'accepte pas de travailler en commission budgétaire préalable. Un examen des dossiers en amont aurait pu permettre de poser les questions nécessaires, d'apporter les explications attendues et d'éviter une partie des difficultés rencontrées en séance".
L'interruption du conseil justifiée par un risque de contestation
Concernant l'arrêt du conseil communal, le bourgmestre conteste l'idée selon laquelle il aurait voulu empêcher l'opposition de présenter ses propositions, notamment celles relatives aux délégations de compétences accordées au collège communal. Il invoque une incertitude concernant le respect des formalités de publicité de la séance. "Une interrogation a été soulevée sur le respect de ces formalités et, à ce moment-là, nous ne disposions pas d'une confirmation certaine permettant de déterminer immédiatement si toutes les règles avaient bien été respectées. Faute de pouvoir vérifier immédiatement la situation, j'ai préféré interrompre la séance plutôt que de prendre le risque de poursuivre les débats et de fragiliser juridiquement les décisions qui auraient été prises. Il ne s'agissait pas d'empêcher l'opposition de s'exprimer, mais d'éviter que des décisions du conseil puissent être contestées par la suite en raison d'un éventuel problème de procédure".
Le bourgmestre ne précise toutefois pas quelle formalité posait problème ni quel élément concret empêchait d'en confirmer le respect sur le moment. Il assure que les points qui n'ont pas pu être examinés le seront ultérieurement. "Le collège respecte pleinement le rôle de contrôle de l'opposition. Nous souhaitons que le débat politique puisse se poursuivre de manière constructive, dans le respect des institutions, mais aussi du travail quotidien réalisé par l'administration communale et ses agents au service des citoyens", conclut Didier Neuvens.